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Financer l’accession à la propriété des personnes âgées : les banques serrent la vis

by Amélie Bernard

Publié le 8 décembre 2025 08h42. L’accès à la propriété immobilière devient plus difficile pour les seniors, les banques scrutant de près leur capacité de remboursement à l’approche de la retraite. Un apport personnel conséquent et une bonne gestion de l’épargne restent les clés pour concrétiser un projet immobilier après 50 ans.

  • Les banques examinent plus attentivement la solvabilité des personnes âgées souhaitant contracter un prêt immobilier.
  • Les revenus diminuent en moyenne de 50 à 60 % après le passage à la retraite.
  • Un niveau d’épargne élevé et un apport personnel important améliorent les chances d’obtenir un financement.

Le rêve de devenir propriétaire reste vivace, mais sa concrétisation se heurte à des réalités financières changeantes. Si l’acquisition d’un logement est souvent compromise par le manque d’économies des jeunes ménages, les seniors rencontrent désormais une vigilance accrue de la part des établissements bancaires.

Reto M.* (54 ans) l’a récemment constaté. Désireux d’acquérir une maison en Suisse orientale, il pensait répondre aux critères d’accessibilité financière exigés par les banques. Pourtant, plusieurs demandes de prêt se sont soldées par un refus. « J’ai été surpris », confie-t-il. « J’avais l’impression que les banques étaient beaucoup plus strictes avec moi qu’avec les jeunes acheteurs. »

Des exigences en mutation

Ce sentiment n’est pas infondé. Les banques sont en effet plus attentives lorsqu’elles évaluent les demandes de prêts hypothécaires émanant de personnes de plus de 50 ans. « Les conseillers bancaires sont tenus de vérifier de manière plus approfondie la capacité financière à long terme des acheteurs d’un certain âge », explique Adrian Wenger (53 ans), expert en prêts hypothécaires au VZ Vermögenszentrum.

L’approche de la retraite est un facteur déterminant. Les institutions financières doivent anticiper l’évolution des revenus des futurs propriétaires retraités. « En général, ces revenus diminuent de moitié, voire jusqu’à 60 %, après le passage à la retraite », précise M. Wenger. Par conséquent, les propriétaires peuvent ne plus satisfaire aux critères d’endettement après avoir cessé leur activité professionnelle.

Les banques vérifient ainsi si les charges liées à un prêt hypothécaire ne dépassent pas un tiers du revenu brut. Elles calculent un taux d’intérêt imputé de 5 % auquel s’ajoutent les amortissements et les frais supplémentaires, chacun représentant 1 % de la valeur du bien.

L’épargne, un atout majeur

Du point de vue des banques, l’âge est donc un élément clé dans l’évaluation d’un dossier d’achat immobilier – et à juste titre. Non seulement les acheteurs plus âgés sont susceptibles de voir leurs revenus baisser à la retraite, mais les banques anticipent également une augmentation des revenus pour les jeunes acquéreurs.

Pour ceux qui envisagent d’acheter un bien entre 50 et 65 ans, une préparation minutieuse est essentielle. Même si les revenus diminuent avec la retraite, un plan d’épargne solide et un apport personnel conséquent peuvent faire la différence. Bien argumenter son dossier est primordial.

« Les propriétaires doivent impérativement justifier de versements réguliers sur un compte du pilier 3a jusqu’à leur retraite », souligne M. Wenger. Les sommes accumulées peuvent ensuite être utilisées pour rembourser l’hypothèque à la retraite. Le ratio prêt/valeur cible, généralement fixé à 80 % de la valeur du bien pour les jeunes, ne devrait pas dépasser 65 % pour les personnes âgées. Une autre option consiste à effectuer des versements volontaires au fonds de pension, ce qui permettrait d’augmenter la rente de retraite et de faciliter le paiement des intérêts hypothécaires.

Un patrimoine pour l’avenir

En résumé, plus l’apport personnel est important, meilleures sont les chances d’obtenir un financement. « Cela permet de compenser la baisse de revenus liée à l’âge », explique M. Wenger. L’épargne est donc un atout majeur pour financer son logement, même à un âge avancé. À l’inverse, l’absence d’épargne rend l’accession à la propriété plus difficile avec le temps.

M. a finalement pu concrétiser son rêve de devenir propriétaire grâce à un apport personnel supérieur au minimum requis.

* Nom modifié

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