En octobre 2026, l’abattage sans autorisation de 250 000 arbres en Finlande pour un futur centre de données de Google a déclenché une instruction pénale et une vive colère citoyenne. Les autorités judiciaires reprochent à la filiale du géant technologique d’avoir lancé des travaux d’envergure avant toute validation environnementale.
L’enquête menée par la police d’Oulu vise directement la société Tuike Finland Oy. Elle cible la filiale locale du groupe américain pour des infractions présumées à la loi sur l’eau et une dégradation caractérisée de l’environnement.
Les griefs de la justice ciblent des carences majeures dans la gestion des eaux et le drainage des sols sur les communes de Muhos et de Kajaani.
L’agence finlandaise de supervision de l’environnement avait ordonné la suspension immédiate de ces chantiers dès le début du mois d’octobre. Les autorités reprochent aux équipes d’avoir rasé et drainé de vastes zones boisées sans attendre la finalisation de l’évaluation d’impact requise par la législation nationale.
Une enquête ouverte à Muhos et à Kajaani
Les estimations locales chiffrent à 250 000 le nombre d’arbres abattus à Muhos. Tandis que 150 000 autres coupes ont été recensées à Otanmäki, portant sur une superficie totale supérieure à 500 hectares de zones boisées dans le nord du pays.

Les estimations locales chiffrent à 250 000 le nombre d’arbres abattus à Muhos, tandis que 150 000 autres coupes ont été recensées à Otanmäki, portant sur une superficie totale supérieure à 500 hectares de zones boisées dans le nord du pays. Le chantier de ce centre de données a entraîné le décapage de la terre végétale ainsi que le creusement de routes et de fossés.
Du côté de l’entreprise, la direction locale a présenté ses excuses le 14 octobre. Le directeur pour la Finlande, Antti Järvinen, a expliqué que ses équipes avaient agi selon leur compréhension initiale du cadre légal. Google soutient par ailleurs n’avoir coupé du bois que sur ses propres terrains et promet de replanter 130 hectares autour du futur site.
La police prévoit un point d’étape en décembre, mais la procédure judiciaire doit s’étirer jusqu’en 2027 avec la menace d’une amende au bout du processus.
Les répercussions sur la faune et les tensions énergétiques en Finlande
Les coupes forestières ont lourdement perturbé les écosystèmes locaux. Sur le site de Hamina, les destructions ont notamment touché les couloirs de l’écureuil volant, un rongeur planeur strictement protégé, poussant une association à réclamer une enquête de police distincte. Ailleurs, les pics et d’autres espèces nicheuses ont perdu leurs habitats naturels. Dans le village d’Otanmäki, une habitante nommée Anni Ranta a témoigné de la présence de loups s’approchant des habitations après avoir fui les zones boisées détruites.
La présidente de l’association finlandaise pour la conservation de la nature, Hanna Halmeenpää, a vertement critiqué ces méthodes, qualifiant l’attitude de l’entreprise de l’arrogance pure et simple
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Au-delà du déboisement, le projet cristallise de vives inquiétudes autour de la consommation d’électricité. Pour alimenter ses serveurs, le géant technologique s’est réservé jusqu’à 50 % de la production de la centrale nucléaire de Loviisa pendant vingt-deux ans, prolongeant de fait son exploitation jusqu’en 2050. Le gestionnaire du réseau électrique national indique que la demande énergétique liée à l’apprentissage informatique pourrait faire grimper la consommation globale du pays de 40 %.
La pétition citoyenne et l’avenir du projet d’investissement
Ce projet d’infrastructure, évalué à 13 milliards d’euros selon les sources scientifiques ou chiffré à 15 milliards de dollars par les publications spécialisées en numérique, représente le plus important investissement du groupe en Europe.
Alors que 145 centres de données sont déjà planifiés dans le pays, une pétition citoyenne a recueilli plus de 98 000 signatures pour exiger un encadrement renforcé et une redevance indexée sur les dégâts environnementaux ainsi que sur la consommation d’eau, de terre et d’électricité.
Le texte a dépassé le seuil nécessaire pour contraindre le Parlement à s’en saisir, invitant le sujet dans le débat politique à l’approche des prochaines échéances électorales. Des experts universitaires, à l’image de l’informaticien Jussi Kangasharju de l’université d’Helsinki, rappellent que ces infrastructures génèrent de faibles retombées fiscales et très peu d’emplois locaux permanents. La reprise des chantiers reste suspendue à la délivrance des nouveaux permis réglementaires.