La gauche française doit repenser son rôle et se reconnecter aux préoccupations fondamentales des citoyens, selon une réflexion récente menée par d’anciens compagnons de route, Pierluigi Piccini et Ivano Zeppi. Leur échange soulève des questions cruciales sur l’avenir de la politique, de l’économie et du lien social à l’heure des défis technologiques et des crises géopolitiques.
L’ancien maire de Sienne, Pierluigi Piccini, a particulièrement marqué les esprits en soulignant la dérive gestionnaire de la politique et de l’économie. Selon lui, les décideurs se contentent trop souvent de gérer l’existant, sans vision à long terme ni capacité à anticiper les mutations à venir. Cette absence de perspective, combinée à une focalisation sur le consensus, expliquerait en partie le désintérêt croissant des citoyens pour la vie politique. « La politique doit revenir à la question des idées, de l’avenir de nos communautés, et non seulement se réunir pour choisir le candidat du moment », a-t-il affirmé.
Au-delà de la politique, la conversation a mis en lumière l’importance cruciale des communautés. Loin de se limiter à des entités géographiques ou associatives, la communauté est avant tout un espace de relations humaines, de partage et de socialité. Elle constitue également un terrain fertile pour l’apprentissage de la démocratie et la régénération du lien social. Il est donc essentiel de revitaliser ces lieux de rencontre et d’échange, où les citoyens peuvent se mobiliser et construire ensemble un avenir commun.
Un autre thème central de l’échange a été celui du « care », un concept souvent associé aux femmes, mais qui dépasse largement le cadre de la protection sociale. Piccini le définit comme « un acte politique, une manière de reconstruire des liens là où tout tend à se dissoudre ». Prendre soin des communautés, de l’environnement, de l’écosystème et de l’organisation des villes, c’est redécouvrir une nouvelle vision de la « polis », la cité idéale.
Fiorenza Anatrini, témoin de cette conversation, souligne l’urgence d’une nouvelle lecture de la réalité pour les forces progressistes. Elle constate que les documents et les programmes politiques restent souvent ancrés dans les schémas de pensée du siècle dernier. Elle rappelle également l’importance de lutter contre la fracture numérique, constatée sur le terrain lors de ses actions bénévoles à l’Assistance Publique, où elle accueille chaque semaine des personnes confrontées aux inégalités d’accès aux nouvelles technologies. À ce stade, il ne suffit pas d’ouvrir des débats, mais de traduire ces réflexions en actions concrètes.
