Publié le 2025-10-20 16:11:00. L’Union européenne s’apprête à adopter un nouveau train de sanctions contre la Russie, le 19e en date, mais des divergences persistent notamment sur l’impact de ces mesures sur certaines entreprises européennes. La lutte contre les pétroliers “fantômes” utilisés par Moscou pour contourner les sanctions est également au cœur des discussions.
- L’UE devrait adopter un nouveau paquet de sanctions contre la Russie cette semaine.
- L’Autriche a initialement demandé une exemption pour la Raiffeisen Bank International (RBI), mais a finalement retiré sa demande.
- Un renforcement des sanctions contre la “flotte fantôme” russe, utilisée pour contourner le plafonnement des prix du pétrole, est envisagé.
Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont réunis lundi à Luxembourg pour finaliser la préparation de ce nouveau train de sanctions contre la Russie, prévu lors du sommet européen de cette semaine. La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a souligné la nécessité d’une approche ferme, affirmant que la Russie « ne comprend que la force ».
L’Autriche a joué un rôle particulier dans les discussions. Le pays avait initialement sollicité une exemption des sanctions pour la Raiffeisen Bank International (RBI), en raison de ses activités en Russie. Selon le quotidien Der Standard, cette demande n’a pas abouti et a été retirée par Vienne. Le secrétaire d’État autrichien Sepp Schellhorn (NEOS) a justifié cette décision en insistant sur l’importance pour l’UE de parler « d’une voix unifiée ».
Schellhorn a également précisé que l’objectif était de protéger les entreprises autrichiennes et de leur offrir une clarté juridique. Il a ajouté : « Il n’est pas possible que nous continuions à cofinancer l’Ukraine et que les oligarques russes continuent à naviguer sur le yacht ». La RBI souhaite notamment obtenir la libération d’actions du groupe de construction autrichien STRABAG, d’une valeur d’environ deux milliards d’euros, actuellement bloquées en Russie et détenues par la société Rasperia.
Au-delà de la question de la RBI, les discussions à Luxembourg ont porté sur la gestion des avoirs russes gelés. La Commission européenne a proposé de les utiliser pour financer un nouveau prêt de 140 milliards d’euros à l’Ukraine.
Un autre axe majeur des nouvelles sanctions concerne la lutte contre la “flotte fantôme” russe, un ensemble de pétroliers utilisés par Moscou pour contourner les sanctions et continuer à exporter du pétrole et du gaz sans respecter le plafonnement des prix. Selon un document de travail du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), cette flotte compterait entre 600 et 1 400 navires. Ces navires ne représentent pas seulement un soutien à l’économie de guerre russe, mais aussi une menace pour l’environnement et la sécurité maritime, avec des risques de marées noires et de pollution.
Kallas souhaite imposer des sanctions plus sévères à cette flotte, qui “finance la guerre de la Russie et sert en même temps de point de départ à des attaques hybrides”. Elle a également nommé un coordinateur spécial pour harmoniser les pratiques au sein de l’Union européenne et explorer de nouvelles méthodes pour contrer les techniques de camouflage utilisées par la Russie, comme la désactivation des transpondeurs ou le transfert de pétrole en haute mer.
L’UE a déjà sanctionné 444 navires et entités impliqués dans le fonctionnement de cette flotte et prévoit d’en ajouter 562 dans le cadre du nouveau paquet de sanctions. Kallas souhaite également renforcer la coopération avec les pays côtiers et les États sous le pavillon desquels ces navires sont immatriculés, afin de faciliter leur contrôle par les marines européennes.
Plusieurs États membres de l’UE ont déjà pris des mesures contre des navires suspects, comme l’Allemagne contre le « Eventin », la France contre le « Boracay », l’Estonie contre le « Kiwala » et la Finlande contre le « Eagle S ». Trois missions navales de l’UE sont également chargées de surveiller la flotte et de recueillir des informations depuis juin 2025.

Selon Johannes Perterer (ORF), qui suit les travaux des ministres à Luxembourg, les États membres de l’UE restent divisés sur la question de la Russie, mais les partisans de l’Ukraine s’efforcent d’intensifier la pression sur Moscou.
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