Publié le 23 novembre 2025 à 15h31. Le guide de voyage Fodor a dévoilé sa liste annuelle des destinations à éviter en raison d’une pression touristique insoutenable, un appel à la prudence plutôt qu’un appel au boycott.
- L’Antarctique, les îles Canaries, le parc national des glaciers américains, et même Montmartre à Paris figurent parmi les lieux mis en garde.
- La liste souligne que certaines destinations populaires, comme Venise ou Barcelone, ne sont pas exemptes de problèmes, mais que d’autres zones méritent une attention particulière.
- Le tourisme de masse, les infrastructures dépassées et la perte d’authenticité locale sont les principaux motifs d’inquiétude.
De l’Antarctique à Mombasa en passant par les îles Canaries, plusieurs destinations sont confrontées à une crise touristique. Le célèbre guide Fodor’s a publié sa « No List », une liste annuelle des endroits qu’il recommande d’éviter pour permettre aux écosystèmes et aux communautés locales de se régénérer. Contrairement à un appel au boycott, cette liste vise à sensibiliser les voyageurs aux lieux où le tourisme exerce une pression excessive.
Selon les rédacteurs de Fodor’s, il est important de ne pas se focaliser uniquement sur les destinations déjà connues pour leurs problèmes, comme Venise ou Barcelone. L’objectif est de mettre en lumière d’autres points chauds qui ont besoin d’une pause pour retrouver un équilibre.
L’Antarctique est particulièrement préoccupant. Le continent le plus austral connaît une augmentation rapide du nombre de visiteurs. Environ 120 000 personnes ont visité l’Antarctique au cours de la saison 2023-2024, et ce chiffre pourrait doubler d’ici 2033. Cette affluence croissante menace un environnement fragile, déjà impacté par le changement climatique. Les experts soulignent que si une sensibilisation environnementale peut être un bénéfice du tourisme antarctique, la réalité est plus complexe. Les navires privés et ceux qui ne respectent pas les réglementations environnementales posent un problème croissant.
Les îles Canaries sont également sous pression. Plus de 7,8 millions de visiteurs sont arrivés au cours du premier semestre 2025, déclenchant des manifestations sous le slogan « Les Canaries ont une limite ». La surpopulation touristique entraîne des embouteillages, une flambée des prix de l’immobilier et une pression sur les ressources en eau. Les groupes environnementaux signalent des dommages importants à la biodiversité et une réduction des espaces naturels. Les locations de courte durée, comme Airbnb, rendent l’accès au logement difficile pour les habitants.
Aux États-Unis, le parc national des glaciers dans le Montana est confronté à une crise environnementale majeure. Sur les 150 glaciers présents au début du XXe siècle, il n’en reste plus que 27, et ils pourraient disparaître d’ici 2030. Cette situation attire un « tourisme de la dernière chance », aggravant les problèmes de circulation, les risques d’incendie et les perturbations de la faune.
En Italie, le projet de construction d’un immense port de croisière sur l’île artificielle de Fiumicino, près de Rome, suscite une vive opposition. Les habitants craignent la destruction des dunes, des zones humides et de la végétation rare qui abrite de nombreuses espèces sauvages. Malgré les promesses des autorités locales en matière de protection de l’environnement, des rapports officiels soulignent un manque de transparence et des inquiétudes concernant l’impact du dragage sur les fonds marins.
La région de la Jungfrau en Suisse, réputée pour ses paysages spectaculaires, est également victime de son succès. L’afflux de touristes, facilité par la télécabine Eiger Express, engendre des problèmes de circulation, d’érosion des sentiers et de saturation des infrastructures. Les glaciers de la région fondent à un rythme alarmant.
Au Mexique, la ville de Mexico est confrontée à une gentrification croissante due à l’arrivée massive de travailleurs à distance et à la prolifération des locations de courte durée. Les habitants dénoncent la hausse des prix, la perte d’authenticité et la transformation de quartiers autrefois populaires en zones touristiques.
Enfin, Mombasa, au Kenya, est submergée par le tourisme de masse, qui entraîne des embouteillages, de la pollution, une érosion côtière et une surcharge des systèmes d’égouts et de déchets. Malgré les tentatives de mise en place d’une loi sur la gestion des plages, les solutions concrètes tardent à se matérialiser.
À Paris, Montmartre, l’un des quartiers les plus emblématiques de la capitale, est également confronté à une surpopulation touristique. Plus de 11 millions de visiteurs se rendent chaque année à la basilique du Sacré-Cœur, ce qui perturbe la vie quotidienne des habitants et menace le caractère unique du quartier. Les prix de l’immobilier ont grimpé en flèche, et les commerces traditionnels sont remplacés par des boutiques de souvenirs.
