Une nouvelle étude publiée en octobre 2026 dans la revue Frontiers in Psychology révèle que la géométrie des espaces perçus lors d’expériences de mort imminente (EMI) est systématiquement corrélée aux couleurs mémorisées par les participants. Des chercheurs ont demandé à 50 volontaires de reconstruire graphiquement leurs souvenirs, identifiant quatre catégories architecturales distinctes. Les estimations indiquent que 4 % à 8 % de la population générale a déjà traversé une telle expérience, la fréquence pouvant atteindre 10 % dans certains échantillons interculturels de 1 034 individus.
Des volontaires cartographient leurs souvenirs d’EMI
Pour dépasser les limites des questionnaires cliniques traditionnels, qui peinent à capturer la complexité des expériences de mort imminente, la neurophénoménologue France Lerner, de l’Université de Haïfa, et son équipe ont adopté une approche visuelle. L’étude a recruté 50 participants ayant vécu une EMI et leur a demandé de décomposer leur souvenir en séquences chronologiques lors de sessions guidées en ligne.
Les volontaires ont utilisé un catalogue de pictogrammes géométriques pour reconstruire l’architecture des lieux visités. Ils devaient préciser leur position, leurs déplacements et les couleurs observées.

Cette méthode a permis aux chercheurs de passer d’un récit purement narratif à une analyse spatiale structurée, révélant une organisation inattendue sous l’apparente subjectivité des témoignages.
Quatre configurations spatiales et leurs couleurs
L’analyse de la base de données constituée par les chercheurs a mis en évidence quatre catégories de configurations spatiales. La corrélation entre ces formes et la présence ou l’absence de couleur constitue la découverte majeure de ces travaux.
| Catégorie spatiale | Tendance chromatique |
|---|---|
| Espaces coniques (ex: tunnels) | Majoritairement achromatiques (noir, blanc, gris) |
| Espaces larges et courbes (ex: arches) | Majoritairement colorés |
| Espaces plats aux courbes douces | Mixte |
| Volumes enveloppants (ex: sphères) | Mixte |
Sur les 28 espaces coniques reconstitués, 22 étaient décrits comme achromatiques. À l’inverse, 27 des 31 espaces larges et courbes présentaient des couleurs. Selon les auteurs, cette distinction pourrait refléter des processus perceptifs sous-jacents, comparables à ceux observés dans la vision humaine ordinaire.

L’équipe compare les visions aux mécanismes biologiques
L’équipe de recherche souligne plusieurs parallèles avec des phénomènes biologiques connus. La prédominance du noir et blanc dans les tunnels rappelle la vision nocturne, où l’œil perd sa sensibilité aux couleurs en basse lumière. De même, la vision tubulaire, provoquée par une rupture d’oxygénation rétinienne, offre un point de comparaison pour les structures coniques.
Les espaces plus immersifs, quant à eux, évoquent l’effet Ganzfeld
, où un champ visuel uniforme peut induire des hallucinations. Les chercheurs notent également que ces processus d’imagerie impliquent des mécanismes généraux et spécifiques pris en charge par des réseaux neuronaux partiellement partagés.
Les auteurs, dont les travaux ont été publiés dans Frontiers in Psychology, restent toutefois prudents concernant l’interprétation de ces données. Ils précisent que leur étude vise à décrire et comparer les souvenirs mémorisés plutôt qu’à identifier les mécanismes cérébraux exacts responsables de ces visions. L’absence de groupe témoin empêche, pour le moment, de confirmer si ces motifs géométriques sont spécifiques aux expériences de mort imminente, et la question de leur origine exacte demeure ouverte.