La France fait face à des manifestations, des violences et des couvre-feux locaux à l’approche de nouvelles actions annoncées pour le 24 octobre.
Les rassemblements organisés dans plusieurs grandes villes françaises ont rassemblé entre 500 000 et 800 000 personnes, prolongeant le mouvement des lycéens et la contestation contre la vie chère. Les autorités recensent des dégradations de mobilier urbain ainsi que des commerces pris pour cible et parfois pillés.
Le bilan des interpellations dépasse les 2 000 personnes à travers tout le territoire national.
Couvre-feux pour les mineurs et restrictions locales
Pour contenir les débordements nocturnes, plusieurs municipalités françaises ont activé des mesures d’urgence ciblant particulièrement les jeunes. À Nice, un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés s’applique de 21 h à 6 h dans plusieurs secteurs centraux jusqu’au 25 octobre. Une disposition similaire a été adoptée à Bordeaux, où l’interdiction de circulation court de 22 h à 7 h jusqu’au 26 octobre.
Lille ainsi que les communes du Nord ont également instauré des restrictions nocturnes analogues. À Marseille, un couvre-feu encadrant les déplacements des mineurs est entré en vigueur dans certains quartiers dès 22 h, pour une durée s’étendant jusqu’au 23 octobre inclus. Ces décisions locales illustrent la diversité des réponses administratives face aux risques de troubles.
Protection du droit de manifester et condamnation des pillages par l’Union européenne
La Commission européenne est intervenue pour clarifier sa position face aux dérives constatées lors des mobilisations. Un porte-parole de l’institution, Markus Lammert, a rappelé que le droit de manifester pacifiquement constitue un principe fondamental qui doit être garanti.
L’exécutif européen a simultanément qualifié d’inacceptables les incendies volontaires, les pillages et les attaques visant des individus ou des édifices publics. Parallèlement, la Commission a établi un contact étroit avec l’Arcom, le régulateur français du numérique, afin d’examiner l’application des obligations interdisant la diffusion de messages incitant à la violence sur les plateformes en ligne.

L'Italie et la France font face à des perturbations
La situation générale en Europe s’accompagne d’autres foyers de tension et de perturbations. En Italie, Milan reste placée sous surveillance après les heurts du week-end, tandis que la CGIL prépare un rassemblement place de la Scala. À Venise, l’opérateur ACTV anticipe des perturbations sur le réseau des vaporettos, des bus et des trams en vue de la grève générale fixée au 30 octobre. Enfin, des intempéries majeures s’ajoutent à ce climat, notamment dans le sud de la France où la Haute-Corse a subi une vigilance rouge pluie-inondation.