Une vague de contestation lycéenne et une grève nationale de la fonction publique ont touché la France, entraînant la fermeture de plus de 500 établissements, des blocages et des heurts. Environ 3 000 personnes ont été interpellées à travers le pays au cours des deux semaines de mobilisation.
Toulouse manifeste contre la politique budgétaire
Le cortège interprofessionnel est parti à 14 heures de la place Saint-Cyprien à l’appel de huit organisations syndicales représentatives — la CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et la FA-FP — pour contester plusieurs orientations du gouvernement à l’approche du budget 2027.
Les sapeurs-pompiers, les personnels hospitaliers et les agents de France Travail ont rejoint le mouvement. Les syndicats ont mis en avant la question du pouvoir d’achat, des rémunérations et des moyens alloués aux services publics, tout en s’opposant au gel du point d’indice.
Des heurts éclatent dans les lycées français
Le mouvement lycéen s’est étendu à l’échelle nationale sur une période de près de deux semaines, perturbant le système éducatif du pays. D’après les autorités françaises, environ 3 000 personnes ont été interpellées depuis le début des manifestations, dont près de 2 000 rien que pour la journée de jeudi.
Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a indiqué que 170 étudiants, 65 membres du personnel scolaire et près de 400 policiers ont été blessés lors de certains heurts. La journée de vendredi a donné lieu à environ 900 manifestations à travers le territoire, tandis que plus de 500 établissements scolaires ont fermé leurs portes en raison de blocages, de feux et d’affrontements avec les forces de l’ordre.
Les revendications s’organisent autour des conditions d’enseignement
En Haute-Garonne, une cinquantaine d’écoles, collèges et lycées ont annoncé leur fermeture. Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ont également organisé un rendez-vous spécifique à Toulouse pour réclamer une revalorisation salariale, le passage à un temps plein sur une base de 24 heures et de nouveaux recrutements.
Dès 6 heures du matin le 29 septembre, des lycéens ont mis en place des blocages aux lycées Marcelin-Berthelot et des Arènes avec l’Union syndicale lycéenne (USL) 31. Les élèves ont dénoncé un manque critique de professeurs non remplacés depuis la rentrée, pesant sur leur préparation au baccalauréat, et ont pointé la vétusté de leurs infrastructures matérielles.
Le ministère de l’Éducation a rapporté que près de 10 % des classes dans les collèges et lycées publics ont été annulées au cours de l’année scolaire 2024-2025, dont 7,5 % en raison de l’absence de remplaçants.
La circulation et les transports sont restreints à Toulouse
Le passage du cortège dans le centre-ville de Toulouse a entraîné d’importantes modifications sur le réseau Tisséo à partir de 13h30. La Navette Aéroport et les lignes L1, L9, L14, 13, 15, 23, 29, 39, 45, 63, 66 et 70 ont été déviées, tandis que certaines stations de métro, telles que Compans-Caffarelli, Jeanne d’Arc et Jean-Jaurès, ont pu être momentanément fermées.
De son côté, la préfecture a pris des dispositions pour encadrer la journée en interdisant les rassemblements revendicatifs non déclarés de 7h à 20h dans un large périmètre du centre-ville. Cette zone s’étendait des allées Jean-Jaurès, des boulevards de Strasbourg, d’Arcole et Lascrosses jusqu’au pont des Catalans, en passant par les allées Charles-de-Fitte, le pont Saint-Michel et les allées Jules-Guesde.