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Fréquentation des cinémas québécois en chute libre en 2025

by Antoine Girard
Un déclin qui s’installe

En 2025, la fréquentation des salles de cinéma au Québec a chuté de 15 % par rapport à 2024, atteignant son plus bas niveau depuis 2000 pour la troisième année consécutive, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Avec seulement 11,5 millions d’entrées enregistrées, le marché québécois du cinéma peine à retrouver son niveau d’avant la pandémie, où il frôlait les 18,7 millions en 2019.

Un déclin qui s’installe

Les chiffres sont sans appel : les recettes des salles de cinéma québécoises ont reculé à 127,6 millions de dollars en 2025, contre 142,7 millions l’année précédente, selon les données de l’ISQ et confirmées par Le Courrier du Sud et La Tribune. Cette baisse s’accompagne d’une réduction du nombre d’écrans : les salles sont passées de 98 en 2024 à 94 en 2025, notamment après la fermeture des cinémas Guzzo, dont certains ont rouvert sous une nouvelle enseigne, Ciné Starz. Le phénomène n’est pas isolé : le nombre de projections a également diminué de 19 % en 2025, soit 27 % de moins qu’en 2019, année prépandémique.

Un déclin qui s’installe
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Pourtant, quelques lueurs percent l’obscurité. Des films comme Lilo & Stitch ou Avatar : Le Chemin de l’Eau ont attiré des foules, tandis que Un film Minecraft a généré près de 6,5 millions de dollars de recettes, devenant le plus rentable de l’année. Du côté des productions québécoises, seul Menteuse, réalisé par Émile Gaudreault, a réussi à dépasser les chiffres de 2024, représentant à lui seul une exception dans un paysage globalement morose. Les autres films locaux, comme Ma belle-mère est une sorcière, ont peiné à atteindre le million de dollars de recettes, loin des trois titres québécois qui avaient dépassé ce seuil en 2024.

Les films québécois en quête de visibilité

Les productions locales ne représentent plus que 9 % de la fréquentation totale, un chiffre stable mais insuffisant pour inverser la tendance. L’ISQ souligne que la part de marché des films québécois évolue de manière irrégulière, en fonction de l’offre annuelle. En 2025, la baisse observée s’explique en partie par la réduction du nombre de nouveautés locales, un phénomène qui pèse sur la dynamique globale du secteur. « La fréquentation reste en retrait par rapport à la situation prépandémique, laissant entrevoir une transformation durable des habitudes de sortie au cinéma depuis 2019 », note l’institut dans son rapport.

Culture : la fréquentation des cinémas en chute libre – TV7

Cette situation reflète une réalité plus large : le marché québécois est dominé par les blockbusters américains, qui captent l’essentiel de l’attention et des recettes. Les films locaux, souvent moins médiatisés et moins promus, peinent à rivaliser. Pourtant, Menteuse prouve qu’une production québécoise peut percer si elle parvient à toucher un public large. La question qui se pose désormais est la suivante : comment relancer l’intérêt pour le cinéma local sans compter sur des phénomènes ponctuels ?

Un secteur en mutation

La baisse de fréquentation s’inscrit dans une tendance plus large, celle d’un public qui se tourne de plus en plus vers les plateformes de streaming et les contenus à la demande. Les salles de cinéma québécoises doivent désormais composer avec cette nouvelle donne, où les habitudes de consommation évoluent rapidement. Les vacances scolaires restent des périodes propices à l’affluence, mais même ces pics ne suffisent plus à compenser le déclin général.

Un secteur en mutation
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Pourtant, le secteur n’est pas condamné. Des initiatives locales, comme les partenariats avec des festivals ou des événements spéciaux, pourraient redonner un coup de fouet à la fréquentation. Par exemple, les cinémas pourraient miser sur des expériences immersives ou des projections en plein air pour attirer un public plus jeune et moins habitué aux salles traditionnelles. La clé résidera dans la capacité des exploitants à innover tout en préservant l’essence même du cinéma : l’expérience collective.

Et demain ?

À court terme, le secteur devrait continuer de subir la concurrence des écrans domestiques, mais des signes d’adaptation apparaissent déjà. La réduction du nombre de salles pourrait, par exemple, inciter les exploitants à se recentrer sur des programmes de qualité et des expériences uniques. Reste à savoir si cette stratégie suffira à inverser la tendance.

Une chose est sûre : le cinéma québécois ne peut plus compter sur les recettes faciles des années prépandémiques. Pour survivre, il devra miser sur des contenus qui marquent les esprits, comme Menteuse, et sur des expériences qui justifient le déplacement en salle. Sans cela, le déclin risque de se poursuivre, laissant les amateurs de cinéma québécois avec une offre de plus en plus limitée.

Les données de l’ISQ, disponibles sur leur site officiel, confirment cette analyse : le secteur est à la croisée des chemins. Soit il s’adapte, soit il disparaît progressivement du paysage culturel québécois.

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