Publié le 15 octobre 2025 à 16h25. Des propos haineux et racistes, incluant des appels à la violence et des éloges d’Adolf Hitler, ont été tenus par de jeunes cadres du Parti républicain américain dans un groupe de discussion en ligne secret, révélant des tensions internes et des préoccupations quant à l’image du parti.
- Des membres des « Young Republicans » (YR) ont tenu des propos violents et racistes dans un salon de discussion Telegram.
- Politico a révélé l’identité de douze participants et publié 2 900 pages de conversations tenues entre janvier et août 2025.
- Plusieurs participants occupent des fonctions au sein du gouvernement ou du parti républicain.
La polémique enfle aux États-Unis après la publication par le média Politico d’échanges choquants entre de jeunes responsables du Parti républicain. Ces conversations, qui se sont déroulées sur un groupe Telegram privé entre janvier et août 2025, révèlent des propos racistes, sexistes et antisémites, ainsi que des appels à la violence politique.
Les participants, issus de l’organisation « Young Republicans » (YR) de plusieurs États (New York, Kansas, Arizona et Vermont), discutaient de stratégies pour prendre le contrôle de l’organisation nationale des Jeunes Républicains et affirmaient leur soutien inconditionnel à Donald Trump. Selon les révélations de Politico, ils ont tenu des propos alarmants, suggérant que les opposants politiques devraient être violés, brûlés vifs ou envoyés dans des chambres à gaz.
Des remarques désobligeantes envers les Juifs ont également été formulées, ainsi que des expressions d’admiration pour Adolf Hitler. L’utilisation de termes péjoratifs pour décrire les Afro-Américains, comparant certains à des « singes » ou des « pastèques », et la justification de l’esclavage ont également été mises au jour.
Plusieurs participants à ces échanges occupent des postes importants au sein du gouvernement ou du Parti républicain. Parmi eux figure Samuel Douglas, président du Vermont YR et sénateur de l’État, ainsi que Michael Bartels, qui se présente comme conseiller principal au sein du bureau de l’avocat général de la Small Business Administration des États-Unis. Politico rapporte que Douglas a tenu des propos racistes à l’égard d’une femme d’origine indienne, affirmant qu’elle « ne se baigne pas souvent ».
Alex Dwyer, président de l’YR de l’État du Kansas, Peter Junta, vice-président de l’YR de l’État de New York, Bobby Walker, l’actuel président de l’YR de New York, Joe Mulligno, ancien avocat général de l’YR de New York, et Annie K.T., membre du comité national de l’YR, ont également participé à ces discussions.
Bien qu’il n’ait pas tenu de propos problématiques lui-même, Michael Bartels n’a pas dénoncé ni réfuté les discours haineux lorsqu’ils ont été tenus. Bobby Walker, l’actuel président du YR de l’État de New York, a reconnu que la divulgation de ces conversations pourrait être préjudiciable, déclarant que cela pourrait « tout ruiner ».
Plusieurs participants ont refusé de commenter les révélations de Politico. Peter Junta, chef de cabinet du député de l’État de New York Mike Riley, s’est excusé pour ses propos, mais a affirmé que ces révélations faisaient partie d’une campagne de « diffamation » menée par Gavin Wax et le Young Republican Club de New York. Walker a également exprimé son intention de s’excuser, tout en affirmant que ces conversations privées avaient été divulguées dans le but de causer des dommages.
Gavin Wax, que Junta accuse d’être à l’origine de cette divulgation, a refusé de commenter. Politico a obtenu un affidavit notarié signé par Bartels, révélant des tensions internes au sein de l’organisation des Jeunes Républicains.
Selon l’affidavit, Bartels n’a pas fourni à Politico les enregistrements des discussions, mais Wax lui aurait « demandé » de le faire. Art Jibson, professeur à l’Université de Dayton spécialisé dans l’extrémisme racial blanc, a déclaré à Politico que les jeunes républicains impliqués semblaient avoir été influencés par le langage utilisé par Donald Trump, soulignant que l’utilisation continue d’un langage hostile et incendiaire par l’ancien président « normalise le discours offensant » au sein des cercles conservateurs.
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