Publié le 26 juin 2024. Si les paiements numériques gagnent du terrain en Europe, l’argent liquide reste un moyen de paiement incontournable pour une part significative des transactions, avec des disparités notables entre les pays.
- Plus de la moitié des transactions (52 %) dans la zone euro sont encore réglées en espèces en 2024.
- L’utilisation de l’argent liquide varie considérablement, de 22 % aux Pays-Bas à 67 % à Malte.
- Les préoccupations liées à la vie privée et le contrôle des dépenses sont les principales raisons invoquées pour l’utilisation de l’argent liquide.
L’Europe assiste à une transition progressive vers les paiements numériques, mais l’argent liquide conserve une place importante dans l’économie, selon une récente enquête de la Banque Centrale Européenne (BCE) menée auprès de 40 000 personnes. Si la part des transactions effectuées en espèces diminue, elle représente encore plus de la moitié des transactions (52 %) dans la zone euro en 2024.
Cependant, ce chiffre masque des différences significatives entre les pays. L’étude révèle que l’argent liquide est le mode de paiement le plus utilisé dans 14 des 20 pays de la zone euro, représentant entre 45 % et 55 % des transactions dans la moitié d’entre eux. L’utilisation de l’argent liquide varie ainsi considérablement, allant de seulement 22 % aux Pays-Bas à un taux élevé de 67 % à Malte.
L’Europe du Sud et de l’Est affiche une préférence marquée pour l’argent liquide. L’Italie enregistre un taux de 61 %, l’Espagne 57 % et la Slovénie 64 %. À l’inverse, l’Europe du Nord et de l’Ouest se montre plus encline aux paiements numériques. Les Pays-Bas (22 %), la Finlande (27 %), le Luxembourg (37 %), la Belgique (39 %) et la France (43 %) affichent des taux d’utilisation de l’argent liquide déjà relativement faibles.
Parmi les quatre plus grandes économies de l’Union Européenne, la France est la seule à se situer en dessous de la moyenne de la zone euro (52 %), avec 43 % des transactions réglées en espèces. L’Allemagne, avec 53 %, se situe légèrement au-dessus de cette moyenne.
Selon la BCE, le succès des paiements numériques aux Pays-Bas s’explique par un taux d’adoption élevé des méthodes de paiement sans contact, telles que les cartes de débit et les smartphones. La Banque des Pays-Bas (DNB) souligne également l’acceptation généralisée des cartes de débit et de crédit par les commerçants, facilitée par des frais relativement bas et des campagnes bancaires encourageant l’utilisation de paiements numériques pour les petits montants.
En termes de valeur, l’argent liquide représente 39 % des transactions dans la zone euro, avec des variations allant de 17 % aux Pays-Bas à 59 % en Lituanie. Une forte dépendance à l’argent liquide, avec plus de 50 % des dépenses totales effectuées en espèces, est observée en Lituanie, en Slovaquie (56 %), en Slovénie (56 %), en Autriche (56 %), à Malte (54 %) et en Croatie (51 %).
L’Italie (49 %), le Portugal (47 %), l’Espagne (45 %), l’Irlande (44 %), Chypre (43 %) et la Grèce (42 %) se situent dans une fourchette moyenne de dépendance à l’argent liquide en termes de valeur. Seule une poignée de pays, dont les Pays-Bas (17 %), la Finlande (28 %), le Luxembourg (29 %), l’Allemagne (30 %), la France (34 %) et la Belgique (35 %), affichent une part de trésorerie inférieure à 35 %.
L’enquête de la BCE révèle également que les cartes de paiement sont privilégiées pour les transactions supérieures à 50 €. L’Allemagne et l’Autriche présentent des contrastes intéressants, malgré leurs similitudes culturelles. Si l’argent liquide reste populaire en Autriche, l’Allemagne s’oriente progressivement vers les paiements numériques.
Les raisons invoquées par les consommateurs pour utiliser de l’argent liquide sont multiples. 41 % des répondants soulignent l’anonymat et la protection de la vie privée qu’il offre, 35 % estiment qu’il permet un meilleur contrôle des dépenses, et 30 % apprécient le caractère immédiat des transactions.
« La trésorerie est anonyme et protège la vie privée. »
Réponse typique des participants à l’enquête de la BCE
28 % des personnes interrogées déclarent également utiliser de l’argent liquide car il est accepté dans plus de situations, tandis qu’environ un sur cinq le trouve plus facile ou plus rapide. Seuls 18 % considèrent l’argent liquide comme plus sûr. Des différences générationnelles sont également notables, les jeunes de moins de 40 ans utilisant l’argent liquide pour moins de 50 % de leurs transactions, contre 57 % pour les plus de 65 ans.
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