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Gen Z au Maroc dans la rue pour de meilleurs soins et une meilleure éducation

Publié le 29 septembre 2025 à 23h29. Des manifestations étudiantes se multiplient au Maroc, dénonçant les inégalités sociales, le manque de perspectives d'avenir et la corruption, malgré les arrestations et les interdictions des autorités. Pour le troisième jour…

Gen Z au Maroc dans la rue pour de meilleurs soins et une meilleure éducation

Publié le 29 septembre 2025 à 23h29. Des manifestations étudiantes se multiplient au Maroc, dénonçant les inégalités sociales, le manque de perspectives d’avenir et la corruption, malgré les arrestations et les interdictions des autorités.

  • Pour le troisième jour consécutif, des jeunes manifestent dans plusieurs villes du Maroc.
  • Le mouvement, baptisé Genz 212, réclame de meilleurs soins de santé, une éducation de qualité et la fin de la corruption.
  • Les forces de l’ordre tentent de réprimer les manifestations par des arrestations et des interdictions.

L’insatisfaction monte au Maroc, portée par une nouvelle génération qui revendique un avenir meilleur. Les mots « liberté » et « dignité » résonnent dans les rues d’au moins onze villes, où les manifestants se livrent à un jeu de chat et de souris avec la police anti-émeute. À chaque vague d’arrestations, de nouveaux groupes se forment pour exprimer leur mécontentement face à la pauvreté des infrastructures sociales et au manque d’opportunités dans ce pays d’Afrique du Nord.

« Aujourd’hui, nous sommes venus ici pour défendre nos droits bafoués et ceux de nos parents. Nous manifestons pacifiquement et continuerons à le faire », a déclaré Hicham, 18 ans, avant d’être interpellé par les forces de l’ordre. Les jeunes manifestants sont de plus en plus réticents à s’exprimer auprès des journalistes, craignant d’être immédiatement arrêtés.

Les autorités justifient la répression par l’absence de permis de manifestation. Sarah, 17 ans, témoigne de son indignation face aux images des derniers jours : « Je veux aussi faire entendre ma voix. Je n’ai pas peur d’aller en prison. »

Ces protestations s’inscrivent dans un contexte de mécontentement social plus large. Au cours des trois derniers mois, des manifestations pour de meilleures conditions de vie ont déjà eu lieu à travers le pays. En juillet, les habitants de la vallée de l’Aït Bouguemez avaient organisé une marche de protestation jusqu’au bureau des autorités locales à Azilal, exigeant de meilleures routes, des écoles et des soins de santé. Suite aux promesses du gouverneur provincial, les manifestants avaient accepté de rentrer chez eux, mais cet élan de protestation a inspiré d’autres communautés défavorisées.

Récemment, la colère s’est concentrée sur le système de santé. Le 14 septembre, des centaines de manifestants se sont rassemblés devant l’hôpital Hassan II à Agadir, qu’ils ont surnommé « l’hôpital de la mort » après le décès de six femmes suite à des césariennes. Le gouvernement a réagi en annonçant la rénovation de l’hôpital, mais cette mesure n’a pas suffi à apaiser les tensions. Des manifestations similaires ont eu lieu dans les hôpitaux de Fès et de Tétouan.

Les manifestants dénoncent également l’allocation de ressources financières importantes à la construction de stades pour la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde de 2030, au détriment des investissements dans les services publics essentiels. Cette critique est de plus en plus audible sur les réseaux sociaux, où les internautes ont exprimé leur colère face à la nouvelle selon laquelle des ouvriers travaillant sur un hôpital en construction à Rabat avaient été affectés à la rénovation du stade Moulay Abdellah.

Les jeunes manifestants ont également ajouté une nouvelle exigence à leurs revendications : la démission immédiate du Premier ministre marocain, Aziz Akhannouch. Ils sont déterminés à poursuivre leurs actions, malgré la répression policière. Selon l’organisation marocaine des droits de l’homme AMDH, entre 100 et 150 manifestants ont été arrêtés à Rabat samedi et dimanche, la plupart ayant été relâchés depuis. Sept manifestants doivent comparaître devant un tribunal ce mardi.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.