Home SantéGènes anciens, polluants modernes : indice du risque d’endométriose

Gènes anciens, polluants modernes : indice du risque d’endométriose

by Sophie Martin

Publié le 4 décembre 2025 15:54:00. Une étude récente suggère que la prédisposition génétique, héritée de nos ancêtres, combinée à l’exposition à des substances chimiques courantes, pourrait expliquer pourquoi certaines femmes sont plus susceptibles de développer l’endométriose, une maladie gynécologique souvent difficile à diagnostiquer.

  • Des variations génétiques, dont certaines remontent aux Néandertaliens, semblent augmenter la vulnérabilité à l’endométriose.
  • Ces gènes sont particulièrement sensibles aux produits chimiques présents dans les plastiques, les cosmétiques et les produits ménagers.
  • L’étude ouvre la voie à une meilleure compréhension de l’interaction entre notre patrimoine génétique et l’environnement moderne dans le développement de la maladie.

L’endométriose, une affection gynécologique touchant environ une femme sur dix en âge de procréer, est caractérisée par de fortes douleurs et des inflammations, souvent liées à des dysfonctionnements du système immunitaire. Malgré une sensibilisation croissante ces dernières années, le diagnostic reste complexe et tardif. Les symptômes, tels que les douleurs pelviennes, sont fréquemment considérés comme normaux pendant les règles, ce qui conduit souvent à un diagnostic uniquement dans les cas les plus sévères.

Une équipe de chercheurs de l’Université de Bournemouth a entrepris d’explorer les liens entre la génétique et l’endométriose. Leur travail a débuté par une analyse des recherches existantes, permettant d’identifier cinq gènes particulièrement susceptibles d’être impliqués dans le développement de la maladie. Ces gènes se sont avérés particulièrement réactifs aux produits chimiques modernes qui peuvent perturber l’équilibre hormonal et affaiblir le système immunitaire.

Pour valider ces hypothèses, les chercheurs ont analysé les données de la base de données Genomics England du NHS, comparant le génome de 19 femmes diagnostiquées avec l’endométriose à celui de femmes non atteintes de la maladie. Ils ont ainsi identifié six variantes génétiques plus fréquentes chez les femmes souffrant d’endométriose. Certaines de ces variations semblent avoir été transmises par nos lointains ancêtres, notamment les Néandertaliens et d’autres populations humaines anciennes.

L’équipe de recherche souligne l’importance du fait que plusieurs de ces variations génétiques se manifestent dans des gènes connus pour réagir aux produits chimiques présents dans notre environnement quotidien – plastiques, cosmétiques, produits d’entretien. Cette observation suggère qu’une combinaison de facteurs génétiques hérités et d’exposition à ces substances pourrait perturber le système immunitaire, favorisant ainsi l’inflammation caractéristique de l’endométriose.

Amelia Warren, qui a mené l’étude dans le cadre de sa maîtrise, espère que ces découvertes permettront d’améliorer la compréhension des causes de l’endométriose et d’identifier les femmes les plus à risque à un stade précoce.

« Beaucoup de femmes atteintes d’endométriose ont le sentiment de ne pas être écoutées et que rien n’est fait. Leur montrer que nous essayons de faire quelque chose pour elles et de faire une différence est vraiment important pour moi. »

Amelia Warren

Le Dr Anna Mantzouratou, chercheuse invitée à l’Université de Bournemouth et superviseure de l’étude, explique :

« Les variantes que nous avons observées font partie du génome humain depuis très longtemps, mais l’environnement chimique moderne est nouveau et nous commençons à comprendre comment ces interactions pourraient influencer des conditions telles que l’endométriose. »

Dr Anna Mantzouratou, chercheuse invitée à l’Université de Bournemouth

Cette étude pilote représente une étape importante dans la compréhension des liens entre notre constitution génétique et notre environnement. Les chercheurs espèrent que de futures recherches permettront de mieux identifier les expositions environnementales qui “activent” ou influencent les processus biologiques liés à l’endométriose, ouvrant ainsi la voie à des diagnostics plus précoces et à une meilleure prise en charge des femmes atteintes.

Pour plus d’informations sur l’étude, vous pouvez consulter l’article original publié dans le Journal européen de génétique humaine.

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