Le programme européen Copernicus indique que l’objectif de limiter l’augmentation des températures à 1,5°C, fixé par l’Accord de Paris en 2015, est devenu quasi irréalisable. Face à cette trajectoire, des initiatives de géo-ingénierie émergent pour modifier le système climatique, allant du captage du CO2 à la gestion du rayonnement solaire.
L’impossibilité de respecter l’objectif de 1,5°C
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La trajectoire climatique actuelle semble condamner les ambitions de l’Accord de Paris. Selon les données du programme européen Copernicus, la limite de 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels est aujourd’hui hors de portée. Ce constat d’échec pousse la communauté scientifique et certains acteurs privés à envisager des interventions directes sur la planète.
La géo-ingénierie ne se limite pas à une seule méthode. Elle se divise en plusieurs approches distinctes selon la cible climatique :
Le captage et le stockage du dioxyde de carbone : séquestrer le CO2 pour limiter son effet de serre.
La gestion du rayonnement solaire : modifier le bilan radiatif de la Terre pour réduire l’énergie solaire absorbée.
La gestion des écosystèmes : des techniques comme la reconstitution de la glace polaire, particulièrement cruciale en Arctique où le réchauffement est quatre fois plus rapide que le reste du globe.
L’offensive technologique de Stardust Solutions
Dans la course à l’innovation climatique, la start-up israélienne Stardust Solutions se distingue par une approche purement technologique de la gestion solaire. Le 14 mai dernier, l’entreprise a publié une étude détaillant le développement de particules atmosphériques capables de réfléchir le rayonnement solaire.
Ces particules prennent la forme de sphères microscopiques composées de silice amorphe et de carbonate de calcium. Contrairement aux méthodes classiques basées sur les aérosols sulfatés, cette technologie cherche à minimiser l’impact sur la chimie de la stratosphère. Le potentiel commercial est colossal : l’entreprise a déjà levé 75 millions de dollars et estime pouvoir commencer à
« refroidir l’atmosphère » pour 10 milliards de dollars.
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Stardust Solutions, via leur étude du 14 mai
Toutefois, ce projet soulève des questions de gouvernance. Bien que Stardust ait déposé un brevet et soumis ses travaux à des revues scientifiques, le passage de l’expérimentation à une application planétaire à 10 milliards de dollars reste un saut technologique et financier sans précédent.
Le projet de barrage dans le détroit de Béring
Contre le changement climatique, 5 ans après la signature de l’Accord de Paris. En direct.
L’urgence climatique pousse également à des propositions d’infrastructures physiques massives. Pour contrer le risque d’effondrement de la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC), des chercheurs néerlandais ont formulé, en avril dernier, une proposition radicale : la construction d’un barrage de 80 kilomètres de long dans le détroit de Béring.
Ce projet viserait à séparer l’Alaska de la Russie pour manipuler les flux océaniques et thermiques. Cette approche, qui relève de la gestion des surfaces et des écosystèmes, s’inscrit dans une liste de solutions de plus en plus audacieuses, au même titre que l’injection d’aérosols stratosphériques utilisant des particules d’alumine et de calcite.
La menace sur la couche d’ozone et le débat éthique
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Malgré l’attrait de ces solutions pour stabiliser les températures, la communauté scientifique reste profondément divisée. Le principal point de friction concerne les conséquences imprévisibles sur la couche d’ozone et la chimie stratosphérique.
Cette méfiance n’est pas nouvelle. En 2021, plusieurs centaines de scientifiques ont signé une lettre ouverte demandant un accord international interdisant l’utilisation de la géo-ingénierie solaire. Pour ces experts, le risque de dommages irréversibles sur les cycles biologiques et atmosphériques l’emporte sur le bénéfice thermique immédiat.
L’enjeu des prochains mois sera de déterminer si la géo-ingénierie restera un sujet de recherche théorique ou si, poussée par l’impossibilité de respecter les accords de 2015, elle deviendra un outil de gestion de crise piloté par des intérêts privés et des coalitions étatiques.
Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.