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Ghalibaf : l’Iran prendra en main l’administration du détroit d’Ormuz après la guerre

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé le 22 juin 2026 que le détroit d'Ormuz resterait administré par l'Iran après le conflit. Cette déclaration intervient alors que Téhéran et Washington négocient en Suisse un accord…

L'administration du détroit d'Ormuz : la ligne rouge de Ghalibaf

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé le 22 juin 2026 que le détroit d’Ormuz resterait administré par l’Iran après le conflit. Cette déclaration intervient alors que Téhéran et Washington négocient en Suisse un accord de paix incluant la levée de sanctions et un plan de reconstruction massif.

L’enjeu est colossal. Le détroit d’Ormuz voit transiter normalement 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial. Depuis le déclenchement de la guerre le 28 février par les États-Unis et Israël, ce passage stratégique est devenu le centre d’une lutte pour le contrôle maritime et économique.

L’administration du détroit d’Ormuz : la ligne rouge de Ghalibaf

L'administration du détroit d'Ormuz : la ligne rouge de Ghalibaf
Après une session de pourparlers marathon de 18 heures au complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, Mohammad Bagher Ghalibaf a été clair : le retour au statu quo d’avant-guerre est exclu. Selon des informations rapportées par BFM TV, le négociateur iranien a insisté sur le fait que son pays administrerait désormais la voie maritime. « Tout le monde doit savoir que l’administration du détroit d’Ormuz ne redeviendra jamais ce qu’elle était avant la guerre », a affirmé celui qui mène les négociations avec les États-Unis pour mettre durablement fin au conflit au Moyen-Orient, cité par l’agence Irna.Mohammad Bagher Ghalibaf, via BFM TV Si Ghalibaf a précisé que les règles internationales seraient respectées, l’idée d’une administration iranienne marque une rupture majeure. Avant le conflit, le passage était libre de tout contrôle. Aujourd’hui, Téhéran envisage même d’imposer une taxe aux navires transitant par le détroit, une perspective qui ajoute une pression financière supplémentaire au commerce mondial. Le trafic reprend néanmoins. Lundi dernier, le nombre de navires de matières premières franchissant le détroit a atteint un niveau record depuis le début des hostilités, avec au moins 36 navires recensés par la plateforme Kpler, comme le souligne Radio-Canada.

Le coût de la paix : 300 milliards de dollars et des avoirs gelés

L’accord préliminaire signé le 17 juin entre Washington et Téhéran s’apparente, pour certains critiques, à un véritable « jackpot » pour le régime iranien. Selon Franceinfo, les États-Unis se sont engagés, avec des partenaires régionaux, à élaborer un plan de reconstruction et de développement économique d’au moins 300 milliards de dollars. Le financement de ce plan ne proviendrait pas directement du contribuable américain, mais des pays du Golfe, selon les explications du vice-président J.D. Vance. Parallèlement, le volet financier inclut :
  • Le déblocage immédiat de 12 milliards de dollars sur un total d’avoirs gelés estimé entre 100 et 150 milliards de dollars.
  • La suspension, pour une durée de deux mois, des sanctions américaines sur le pétrole iranien.
  • L’autorisation, jusqu’au 21 août, de toutes les transactions concernant la production, la vente et le transport d’hydrocarbures d’origine iranienne.
  • L’impact sur les marchés a été immédiat. Le cours du baril de Brent est redescendu sous la barre des 78 dollars, loin des sommets à 126 dollars atteints durant le paroxysme des combats.

    L’impasse nucléaire et le refus des inspecteurs de l’AIEA

    L'impasse nucléaire et le refus des inspecteurs de l'AIEA
    Photo: BFM
    Malgré les avancées financières, le dossier nucléaire reste un point de friction majeur. Une contradiction flagrante est apparue entre les déclarations américaines et iraniennes. Lundi, J.D. Vance avait affirmé que Téhéran avait accepté de laisser revenir les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qualifiant cet accord d’étape majeure. Cependant, le ministère iranien des Affaires étrangères a démenti cette version le mardi 23 juin. Le porte-parole Esmaïl Baghaï a déclaré que l’Iran n’avait aucune intention de permettre l’inspection des sites nucléaires endommagés par les bombardements américains et israéliens. Sudinfo rapporte que Téhéran n’a eu aucune réunion avec le directeur général de l’AIEA à ce sujet. Cette impasse ravive les doutes de Washington sur les stocks d’uranium hautement enrichi de la République islamique, alors que Téhéran continue de nier toute volonté d’acquérir l’arme atomique.

    Tensions régionales : le blocage israélien et le dossier libanais

    L’architecture de la paix régionale se heurte à l’opposition d’Israël. Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que Tel-Aviv était farouchement opposé au processus de négociation, y voyant une menace existentielle. Le point de rupture se situe principalement au Liban. L’Iran exige que le Liban soit inclus dans l’accord final pour mettre fin aux hostilités. De son côté, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a réaffirmé que l’armée israélienne poursuivrait ses opérations au Liban pour neutraliser les menaces du Hezbollah pro-iranien, refusant tout retrait du sud du pays. « De mon point de vue, ce voyage a permis de belles réussites, notamment concernant les discussions sur le détroit, celles sur le Liban, la question des dérogations pétrolières, et le sujet du déblocage des avoirs gelés… Bien sûr, nous pensons que nous ne sommes qu’au début de ce travail et devons continuer nos efforts »Mohammad Bagher Ghalibaf, négociateur en chef de l’Iran, via BFM TV Le calendrier est désormais serré. Les discussions techniques, qui se poursuivent en Suisse avec la mise en place de quatre groupes de travail (sanctions, nucléaire, reconstruction et suivi), doivent aboutir à un document final sous 60 jours renouvelables. L’activité diplomatique s’intensifie en périphérie : le président iranien Massoud Pezeshkian s’est rendu à Islamabad ce mardi, tandis que le secrétaire d’État américain Marco Rubio est attendu aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn pour consulter les alliés de Washington en première ligne.

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    Photo: franceinfo

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    À propos de l’auteur: Clara Dubois

    Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.