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Google prévoit d’envoyer des centres de données dans l’espace pour alimenter l’IA grâce à la lumière du soleil

by Thomas Caron

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Google envisage une révolution dans le domaine de l’intelligence artificielle en projetant de déployer des centres de données dans l’espace, alimentés par l’énergie solaire, afin de répondre aux besoins croissants en puissance de calcul de ses systèmes.

  • Le projet « Suncatcher » vise à créer une constellation de serveurs en orbite basse pour exploiter directement l’énergie solaire.
  • Google a déjà mené des tests de viabilité encourageants, notamment en matière de transmission de données et de résistance des puces aux radiations.
  • Le coût de lancement spatial reste un défi majeur, mais SpaceX prévoit de réduire significativement ces coûts d’ici 2035.

Pour pallier la consommation énergétique toujours plus importante de l’intelligence artificielle (IA), Google explore des solutions audacieuses. L’entreprise a dévoilé un plan ambitieux, baptisé « Projet Suncatcher », qui consiste à installer des centres de données directement dans l’espace. Ces infrastructures seraient alimentées par l’énergie solaire, une source d’énergie abondante et renouvelable, et fonctionneraient comme une constellation de satellites.

L’idée est de répondre à un problème crucial : l’IA, à mesure qu’elle devient plus performante, exige une quantité d’électricité colossale, entraînant des investissements considérables. Selon Google, si les progrès de l’industrie spatiale se maintiennent, il sera possible d’exploiter l’énergie solaire en orbite basse dès le milieu de la prochaine décennie.

Le « Projet Suncatcher » prévoit le lancement de dizaines de serveurs d’IA qui communiqueraient entre eux via des liaisons optiques à grande vitesse, tout en maintenant une formation héliosynchrone – c’est-à-dire en restant le plus souvent possible exposés au soleil. Ces serveurs en essaim pourraient ainsi fonctionner en continu, sans dépendre des réseaux électriques terrestres.

Les premiers tests de viabilité ont déjà été menés avec succès. Google a simulé un groupe de 81 satellites répartis sur un rayon d’un kilomètre, séparés de 100 à 200 mètres, et a démontré leur capacité à maintenir leur stabilité en orbite. En laboratoire, l’entreprise a également atteint des vitesses de transmission allant jusqu’à 1 térabit par seconde (1 Tbps) grâce à des technologies optiques existantes. De plus, ses puces AI TPU spécialisées ont résisté à des niveaux de radiation équivalents à cinq ans passés dans l’espace, sans subir de défaillance permanente.

Cependant, plusieurs défis restent à surmonter avant de pouvoir lancer un prototype spatial. Google doit notamment améliorer la maniabilité des formations satellitaires pour tenir compte de la complexité de la dynamique orbitale terrestre, augmenter la vitesse de transmission à 10 Tbps et renforcer la résistance de ses puces aux éruptions solaires.

Le coût du lancement spatial constitue également un obstacle majeur. Google estime que le coût par kilogramme doit être inférieur à 200 $ pour que le projet soit viable. Actuellement, le lancement d’une fusée Falcon 9, utilisée par la NASA pour acheminer du matériel à la Station spatiale internationale, coûte 67 millions de dollars, soit entre 2 500 et 3 000 dollars par kilogramme de fret. SpaceX a annoncé son intention de réduire ce coût à 100 dollars le kilo d’ici 2035.

D’autres aspects techniques doivent également être pris en compte, tels que la dissipation de la chaleur dans le vide spatial et la gestion des communications avec la Terre en cas de perturbations atmosphériques.

« Notre première analyse montre que les concepts de base du calcul par apprentissage automatique (Machine Learning) spatial ne sont pas entravés par la physique fondamentale ou par des barrières économiques insurmontables. Cependant, d’importants défis techniques subsistent, tels que la gestion thermique, les communications au sol à large bande passante et la fiabilité du système en orbite. »

Google, communiqué

Ce projet s’inscrit dans un contexte d’investissements massifs dans le domaine de l’IA, comme le montrent les récentes annonces de Meta, Google et Microsoft, qui ont triplé leurs dépenses en infrastructures.

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