Le gouvernement du Zimbabwe a vivement réagi le 26 juin 2026 aux critiques de l’ancien président botswanais Ian Khama, qualifiant ce dernier de « has-been » après que celui-ci a dénoncé la volonté d’Emmerson Mnangagwa de prolonger son mandat jusqu’en 2030 via l’amendement constitutionnel CAB3.
Le clash entre Ndavaningi Mangwana et Ian Khama
L’escalade verbale a atteint un sommet lorsque le porte-parole du gouvernement, Ndavaningi Mangwana, a balayé les avertissements d’Ian Khama. L’ancien président du Botswana, qui a dirigé son pays entre 2008 et 2018, avait utilisé Facebook pour qualifier Emmerson Mnangagwa de « assoiffé de pouvoir ».“Qui se soucie vraiment des opinions d’un has-been fini cherchant à redevenir pertinent comme remède à une solitude auto-infligée ?”

L’alerte de Bernard Manyenyeni sur le « RGM 2.0 »
L’opposition ne vient pas seulement de l’étranger. L’ancien maire de Harare, Bernard Manyenyeni, a exhorté le président à rejeter CAB3 pour agir en homme d’État plutôt que de s’engager dans une « capture de l’État ». Dans une déclaration relayée par ZimEye, Manyenyeni admet avoir été dupé par le passé concernant les promesses de non-extension du mandat du président.“En l’état actuel, ce qui a été élaboré est une présidence à vie et/ou une dynastie familiale – nous sommes essentiellement dans le RGM 2.0 – il a appris du maître.”

- Ne pas continuer maintenant.
- Ne pas continuer après 2028.
- Accepter un référendum.
- Refuser de signer le CAB3.
- Appeler à un dialogue authentique.
- Installer un gouvernement d’union nationale (GNU).
- Convoquer des élections.
L’anatomie d’un « coup d’État constitutionnel »
L’analyse juridique de cette manœuvre suggère que le Zimbabwe ne traverse pas un coup d’État militaire classique, mais ce que NewsDay Zimbabwe décrit comme un « coup d’État constitutionnel ». Contrairement à une prise de pouvoir par les armes, cette méthode n’abolit pas la constitution, mais s’en approprie les mécanismes pour manipuler la légalité. L’essence de ce phénomène réside dans l’utilisation de majorités parlementaires pour atteindre des résultats que l’électorat rejetterait normalement. Ce processus transforme la légalité en une arme contre le constitutionnalisme. L’Union africaine a déjà tranché cette question technique dans sa Charte africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance. L’article 23(5) définit comme un changement inconstitutionnel de gouvernement :“Tout amendement ou toute révision de la constitution ou des instruments juridiques qui constituerait une atteinte aux principes du changement démocratique de gouvernement.”

Les enjeux et la trajectoire vers 2030
Le passage du CAB3 à travers le Parlement n’est qu’une étape. Le projet de loi doit maintenant être voté par le Sénat avant d’être ratifié. Si le processus aboutit, le Zimbabwe franchira un seuil critique : la transition d’une présidence élective vers un système où le Parlement choisit le chef de l’État, éloignant ainsi le dirigeant de la volonté populaire directe. L’opposition interne, incluant certains vétérans de guerre autrefois alliés du président, accuse Mnangagwa d’un « accaparement du pouvoir ». Cette rupture avec sa base historique, combinée aux pressions internationales et aux critiques de figures comme Ian Khama, place le régime dans une position paradoxale : il dispose d’une majorité légale absolue au Parlement, mais fait face à une crise de légitimité croissante. L’issue des prochains jours dépendra de la capacité du Sénat à suivre la ligne du Zanu PF et de la réaction de l’Union africaine face à l’application de l’article 23(5) de sa charte. Pour les citoyens zimbabwéens, l’enjeu est de savoir si le pays s’engage vers une stabilité planifiée ou vers une dynastie politique verrouillée jusqu’en 2030.Find more reporting in our Nouvelles section.
