Home SantéGrâce à la numérisation : rendement stable avec moins d’excès d’azote

Grâce à la numérisation : rendement stable avec moins d’excès d’azote

by Sophie Martin

Une gestion plus précise de la fertilisation des champs de blé, combinant technologies numériques et bonnes pratiques agricoles, permet de réduire significativement les pertes d’azote tout en maintenant des rendements stables. Une étude menée dans les cantons de Thurgovie et de Schaffhouse a démontré l’efficacité d’une approche personnalisée de l’épandage d’engrais.

Le projet « Smart-N », qui s’est déroulé sur quatre ans, a comparé différentes stratégies de fertilisation sur 40 parcelles de blé. Huit exploitations agricoles ont participé à l’expérimentation, allant de l’application traditionnelle et uniforme des engrais à des méthodes assistées par satellite. Les résultats, selon les experts, sont encourageants : l’utilisation d’une fertilisation spécifique au site, appelée Vista, a permis de diminuer les excédents d’azote d’environ 18 % en moyenne entre 2022 et 2025, par rapport aux pratiques agricoles standard.

Ce gain est dû à une meilleure absorption des nutriments par les plantes. « Cependant, l’efficacité de l’absorption par les plantes est plus cruciale : les excès d’azote – c’est-à-dire la quantité d’engrais qui n’a pas été absorbée par la plante et qui pollue potentiellement l’environnement – ont diminué en moyenne de 18 pour cent », explique le communiqué de presse.

L’étude a également confirmé que cette approche écologique n’a pas d’impact négatif sur la productivité. Les rendements moyens en céréales, qui s’élevaient à 60 dt/ha, sont restés stables par rapport à la fertilisation standard, et la teneur en protéines n’a pas été affectée.

Les chercheurs ont testé différents niveaux d’automatisation, depuis l’utilisation de tablettes pour ajuster manuellement les quantités d’engrais jusqu’à des solutions entièrement automatisées via Isobus et GPS. Ils soulignent toutefois que la technologie seule ne suffit pas. Dans certains cas, les méthodes traditionnelles ont donné de meilleurs résultats.

L’étude met en avant l’importance des « Bases pour la fertilisation des cultures agricoles en Suisse » (GRUD), qui, lorsqu’elles sont prises en compte dans le calcul des besoins en engrais et appliquées localement, peuvent apporter une valeur ajoutée significative, notamment sur les petites parcelles.

« Ce n’est pas seulement la technologie qui est cruciale, mais plutôt sa combinaison avec de bonnes pratiques techniques et les connaissances des agriculteurs », souligne Benedikt Kramer d’Agridea. L’évaluation précise de l’apport ultérieur en sol (Nmin) reste un défi majeur, car la prise en compte des apports complémentaires du sol est essentielle pour déterminer correctement la quantité totale d’engrais nécessaire. « Un aspect que les fournisseurs de cartes d’application pures ne couvrent souvent pas », ajoute le communiqué.

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