Publié le 2025-10-10 06:08:00. L’Union européenne est sur le point d’adopter un nouvel accord commercial avec l’Ukraine, une initiative qui suscite de vives inquiétudes en Pologne et dans d’autres États membres, notamment concernant l’impact sur les marchés agricoles locaux.
- Le Comité des représentants permanents de l’UE (COREPER) a trouvé un accord sur ce nouvel accord commercial.
- L’accord prévoit une augmentation des quotas d’importation de produits agricoles ukrainiens.
- L’eurodéputée Anna Brylka critique l’accord, estimant que le gouvernement polonais n’a pas suffisamment de contrôle sur la situation.
L’accord commercial entre l’Union européenne et l’Ukraine, qui devrait être approuvé lors du Conseil de l’UE le 13 octobre et adopté un mois plus tard, est au cœur des préoccupations des agriculteurs et des responsables politiques de plusieurs pays européens. L’objectif affiché est de soutenir l’économie ukrainienne en pleine guerre, mais les conséquences potentielles sur les marchés agricoles européens, en particulier en Pologne, sont vivement débattues.
Anna Brylka, eurodéputée de la Confédération, a exprimé un profond pessimisme quant à cet accord. Elle souligne que celui-ci entraînera une augmentation des quotas d’importation de produits agricoles en provenance d’Ukraine.
« Cela signifie une augmentation des quotas d’importation de produits agricoles en provenance d’Ukraine. »
Anna Brylka, eurodéputée
L’eurodéputée déplore également le manque de contrôle du gouvernement polonais sur cette décision.
« J’ai toujours l’impression que le gouvernement (polonais) n’a aucun contrôle là-dessus, car le vote au Coreper et l’adoption de l’accord d’association avec l’Ukraine ont eu lieu avec le soutien de la Pologne. »
Anna Brylka, eurodéputée
Elle précise que, bien que l’ampleur de l’augmentation des quotas soit inférieure à celle du Mécanisme de l’UE autorisant l’importation en franchise de droits de marchandises en provenance de l’Ukraine (ATM), elle reste supérieure aux niveaux d’avant la guerre. Elle donne l’exemple du sucre, dont le quota passerait de 20 000 tonnes à 100 000 tonnes (100 000 t). Elle s’interroge sur l’absorption de ces volumes accrus, notamment en Pologne, qui se trouve en première ligne.
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Anna Brylka souligne que l’accord a été critiqué par les pays les plus exposés à ses effets, comme la Slovaquie, et déplore ce qu’elle considère comme une « ignorance » de la part du gouvernement polonais face à la situation agricole. Elle mentionne également l’imminente finalisation d’un accord avec le Mercosur, ce qui pourrait aggraver la situation.
La Commission européenne justifie cet accord par la nécessité d’augmenter les normes de production agricole en Ukraine afin de les aligner sur celles de l’UE d’ici 2028. Cependant, Anna Brylka se montre sceptique quant à cette perspective.
« Ça ne sert à rien d’être naïf, ça n’arrivera pas. Il faut d’abord laisser l’Ukraine s’adapter aux normes de l’UE, puis laisser la Commission européenne ouvrir le marché, et non l’inverse. »
Anna Brylka, eurodéputée
L’eurodéputée met en garde contre un « flot » de produits ukrainiens, rappelant les manifestations massives des agriculteurs en 2023 contre les importations de céréales. Elle précise que l’embargo polonais sur les céréales ukrainiennes est toujours en vigueur, mais que l’Ukraine a bien plus à offrir que des céréales.
L’Ukraine elle-même a présenté cet accord comme une « grande réussite » de ses négociations, ce qui, selon Anna Brylka, confirme la crainte d’un afflux massif de produits agricoles.
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