Publié le 8 octobre 2025 à 21h35. Une étude italienne révèle qu’un programme de réadaptation cardiaque multidomaine, incluant activité physique, conseils nutritionnels et gestion des risques métaboliques, réduit significativement les risques de décès cardiovasculaires et d’hospitalisations imprévues chez les patients âgés ayant subi un infarctus du myocarde.
- Un programme de réadaptation cardiaque multidomaine a permis de réduire de 8 % les décès d’origine cardiovasculaire ou les hospitalisations imprévues liées aux maladies cardiovasculaires chez les patients âgés de plus de 65 ans.
- L’étude souligne l’importance d’adapter les programmes de réadaptation cardiaque aux besoins spécifiques des patients âgés, souvent moins actifs physiquement et plus susceptibles de connaître un déclin fonctionnel après un infarctus.
- Le modèle testé, basé sur des séances mensuelles supervisées en personne et à distance, s’avère peu coûteux et facilement accessible.
Les normes de prise en charge de l’infarctus du myocarde (IM) ont considérablement évolué au cours du XXe siècle, passant d’une recommandation de repos au lit strict à la promotion d’une mobilisation précoce, pour aboutir aujourd’hui à une approche de réadaptation cardiaque axée sur l’activité physique. Cette réadaptation comprend généralement une mobilisation des patients pendant leur hospitalisation, un programme ambulatoire de 6 à 12 semaines, suivi d’une phase de maintien.
Cependant, les programmes traditionnels de réadaptation cardiaque présentent des limites. Ils sont souvent standardisés, conduisent à un abandon précoce, sont coûteux et connaissent un faible taux de participation chez les personnes âgées. Or, la population de patients atteints d’IM a changé : les deux tiers des patients ont désormais plus de 65 ans.
Malgré les progrès réalisés dans les soins immédiats, les patients âgés ayant subi un IM restent la population la plus à risque et présentent le pronostic le plus sombre. Ils sont également ceux qui sont le moins actifs physiquement, et sont souvent confrontés à un déclin fonctionnel, une fragilité et un handicap après un IM.
Une équipe de recherche italienne a donc cherché à évaluer un modèle d’activité physique combinant des séances mensuelles supervisées en personne et à distance. Une étude pilote, nommée HULK, avait déjà montré que cette intervention améliorait les performances physiques à court terme, six mois après un syndrome coronarien aigu.
L’essai PIpELINe (Physical Activity Intervention in Elderly Patients with Myocardal Infarction) a ensuite évalué si une intervention de réadaptation précoce, adaptée et multidomaine pouvait améliorer les résultats chez les patients âgés (65 ans et plus) hospitalisés pour un IM et présentant une performance physique altérée. Cet essai randomisé, multicentrique et prospectif a été mené dans sept centres en Italie.
L’intervention comprenait la gestion des facteurs de risque métaboliques, des conseils en matière de régime alimentaire et un programme d’entraînement physique. Le critère de jugement principal était le décès d’origine cardiovasculaire (CV) ou l’hospitalisation imprévue pour une maladie cardiovasculaire.
Les résultats ont révélé que le programme de réadaptation cardiaque multidomaine réduisait de 8 % le risque de décès d’origine CV ou d’hospitalisation imprévue liée aux maladies cardiovasculaires chez la population cible, par rapport aux soins habituels.
L’équipe de recherche a souligné la difficulté d’inciter les personnes âgées à participer aux essais cliniques. Dans ce cas, un programme mensuel de suivi et de conseils après un IM s’est avéré attractif. La pandémie a toutefois constitué un obstacle majeur au recrutement.
L’impact de l’intervention sur l’insuffisance cardiaque et les hospitalisations imprévues pourrait être plus pertinent pour cette population que la réduction des décès d’origine CV, car ces éléments sont liés au déclin fonctionnel et à la qualité de vie. Le rythme mensuel de l’intervention la rend peu coûteuse et facilement accessible.
Enfin, le Dr Elizabeth Tonet, cardiologue consultant à l’unité de cardiologie de l’hôpital universitaire de Ferrare, en Italie, a souligné que le caractère multidimensionnel de l’essai rend difficile l’identification des facteurs qui ont contribué à son efficacité et leur importance relative. Elle suppose toutefois que le volet activité physique a eu l’impact le plus significatif.
Diapositives de la présentation
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