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GRC accuse 8 Québécois de fraude à la PCU : 364 000 $ détournés

by Nicolas Lefèvre
Un réseau de fraudeurs démantelé après une cyberattaque contre l’Agence du revenu

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a porté des accusations ce 20 mai 2026 contre huit personnes de Gatineau, Ottawa et Montréal pour une cyberfraude ayant détourné près de 364 000 $ du programme Prestation canadienne d’urgence (PCU). Les inculpés doivent comparaître le 7 juillet devant les tribunaux de Montréal.

Un réseau de fraudeurs démantelé après une cyberattaque contre l’Agence du revenu

La GRC a annoncé avoir démantelé un réseau de fraudeurs ayant exploité une faille dans le système informatique de l’Agence du revenu du Canada (ARC) pour détourner des fonds du programme Prestation canadienne d’urgence (PCU). L’enquête, lancée en août 2020 après une cyberattaque ciblant le portail de l’ARC, a révélé un stratagème sophistiqué permettant à des individus de subtiliser des identités, d’accéder illégalement à des comptes et de rediriger les paiements vers leurs propres comptes bancaires.

Selon les éléments recueillis par la police fédérale, les accusés ont frauduleusement obtenu un total de 364 000 $ du gouvernement canadien entre 2020 et 2021. Les enquêteurs ont travaillé en collaboration avec l’ARC, le Groupe de gestion juricomptable (GGJ) et le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE) pour identifier et inculper les responsables.

Les accusés et les chefs d’accusation

Les huit personnes visées par les accusations résident à Gatineau, Ottawa et Montréal. Voici la liste des inculpés et les chefs retenus contre eux, conformément au Code criminel canadien :

  • Paul Harry Jayme, 39 ans (Montréal) : Fraude de plus de 5 000 $ (article 380(1)a).
  • Houssame Bennouna, 26 ans (Montréal) : Fraude de plus de 5 000 $ (article 380(1)a).
  • David Richard Thran, 25 ans (Ottawa) : Fraude de plus de 5 000 $ (article 380(1)a) et possession de renseignements sur l’identité en vue de commettre un acte criminel (article 402.2(1)).
  • Louis Henri DacouryTabley, 29 ans (Montréal) : Fraude de plus de 5 000 $ (article 380(1)a) et possession de renseignements sur l’identité en vue de commettre un acte criminel (article 402.2(1)).
  • Kouakou Ange Patrick Elliams Kouassi, 31 ans (Gatineau) : Fraude de plus de 5 000 $ (article 380(1)a) et possession de renseignements sur l’identité en vue de commettre un acte criminel (article 402.2(1)).
  • Lagaud Paul André Bouabre, 26 ans (Gatineau) : Fraude de plus de 5 000 $ (article 380(1)a) et possession de renseignements sur l’identité en vue de commettre un acte criminel (article 402.2(1)).
  • Mory Ismael Toure, 36 ans (Gatineau) : Possession de renseignements sur l’identité en vue de commettre un acte criminel (article 402.2(1)).
  • Jospin Berol MougangTionjock, 28 ans (Montréal) : Fraude de plus de 5 000 $ (article 380(1)a), inculpé le 29 mai 2025.

Une enquête internationale et une collaboration sans précédent

L’inspecteur Guy Michel Nkili, officier responsable de l’unité internationale de lutte contre la corruption de la GRC, a souligné la complexité des fraudes informatiques ciblant les programmes gouvernementaux. « Ces crimes dépassent souvent les frontières et nécessitent des approches d’enquête spécialisées pour identifier les responsables et perturber leurs activités », a-t-il déclaré. Il a également mis en avant la force des partenariats entre les organismes d’application de la loi et les experts en cybersécurité et en finance.

Les accusés doivent comparaître le 7 juillet 2026 devant le tribunal de Montréal. À ce stade, les accusations n’ont pas encore été prouvées en cour, mais cette opération marque une avancée significative dans la lutte contre les fraudes liées aux programmes sociaux canadiens.

Un rappel des risques persistants liés aux programmes sociaux

Cette affaire illustre une fois de plus les défis posés par les cyberfraudes et les tentatives de détournement de fonds publics, notamment dans le contexte des programmes d’urgence mis en place pendant la pandémie. Bien que les autorités aient renforcé les mesures de sécurité depuis 2020, les risques de fraude persistent, notamment avec l’évolution constante des méthodes utilisées par les criminels.

Les prochaines étapes consisteront à suivre le déroulement des procédures judiciaires et à évaluer l’impact de cette opération sur la lutte contre les fraudes informatiques au Canada.

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