Une journée de grève interprofessionnelle paralyse les transports, les écoles et les services publics ce jeudi 5 novembre 2026 en France. Portée par une intersyndicale élargie, la mobilisation réclame des augmentations salariales immédiates, un dégel du point d’indice et des mesures face à la vie chère.
L’intersyndicale durcit le ton
Après les mobilisations des 17 et 24 octobre ainsi que le mouvement contre la vie chère du 31 octobre, les syndicats accentuent la pression sur l’exécutif pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie. L’appel à la grève du jeudi 5 novembre 2026 rassemble l’ensemble des grandes organisations, de la CFDT à la CGT en passant par FO, l’Unsa et la FSU.
Pour la secrétaire générale de la FSU, Caroline Chevé, c’est une colère générale qui trouve à s’exprimer de manière différente selon les catégories de la population ou selon les dynamiques, mais finalement, tout ça participe aussi à un rejet de la situation. D’après le journal Le Figaro, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a déclaré mercredi 21 octobre à l’issue d’une réunion à Matignon que l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais
, tandis que la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a affirmé que le rendez-vous de mobilisation, c’est le 5 novembre
. Christelle Thieffinne, présidente de la CFE-CGC, confirme la présence de son syndicat de l’encadrement pour la défense du pouvoir d’achat
et l’importance d’exercer son droit à la démocratie
. En outre, le candidat Insoumis à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a estimé le samedi 24 octobre lors de la manifestation parisienne que ce qui pend au nez maintenant
de l’exécutif, c’est la grève générale
.
Le gouvernement confronté aux exigences salariales
Reçues à Matignon dix jours plus tôt, les organisations syndicales n’ont pas obtenu de garanties concrètes face au projet de budget, malgré une ouverture évoquée sur une éventuelle hausse du Smic. Cyril Chabanier, président de la CFTC, souligne la nécessité de maintenir la pression : Cette manifestation du 5 est importante pour garder cette pression-là et que ces mesures (…) sur lesquelles il y avait enfin une ouverture se concrétisent réellement
.
Les pancartes et les prises de parole convergent autour de plusieurs exigences financières et sociales :
- L’ouverture immédiate de négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale femmes-hommes.
- L’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires, gelée depuis des années.
- L’augmentation du Smic et de toutes les aides sociales.
- La revalorisation des pensions des retraités et des moyens renforcés pour les services publics.
Dans l’Éducation nationale, le SNES-FSU rappelle que entre 2020 et 2026, la valeur du point d’indice n’a augmenté que de 5 % alors que l’inflation atteignait 21 %.

Les transports et les écoles à l’arrêt
Dans les transports ferroviaires, les quatre principaux syndicats de la SNCF (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT-Cheminots) appellent les agents à cesser le travail. Côté routier et automobile, Auto Plus recense 256 rendez-vous pour la journée, incluant des manifestations, des rassemblements, des blocages de ronds-points et des opérations escargot à travers le territoire.
Du côté de l’enseignement, les syndicats de l’enseignement privé sous contrat se joignent au mouvement, qualifiant cette participation de « première » dans l’histoire du secteur privé après l’échec des négociations salariales face à l’inflation.
Les enseignants du premier degré et les agents de la fonction publique territoriale et hospitalière participent également massivement à cette journée d’action.