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Guterres demande à Israël d’annuler le veto de 37 ONG à Gaza

by Clara Dubois

Publié le 3 janvier 2024 à 14h30. L’ONU et plusieurs organisations humanitaires internationales dénoncent une escalade des restrictions imposées par Israël dans les territoires palestiniens occupés, menaçant l’acheminement de l’aide vitale à la population de Gaza et fragilisant le cessez-le-feu en cours.

  • Le secrétaire général de l’ONU a appelé à l’annulation de la suspension des opérations de plusieurs ONG internationales.
  • Israël a adopté une loi supprimant l’immunité diplomatique de l’UNRWA et lui permettant d’exproprier ses biens à Jérusalem-Est.
  • Plusieurs pays, dont l’Espagne, le Canada, le Royaume-Uni et la France, ont exprimé leur rejet de ces mesures.

L’ONU s’est déclarée profondément préoccupée par la décision des autorités israéliennes de suspendre les activités de plusieurs organisations non gouvernementales internationales opérant dans les territoires palestiniens occupés. Le secrétaire général a insisté sur le rôle crucial de ces organisations dans la fourniture d’une aide humanitaire essentielle, soulignant que leur travail est vital pour sauver des vies et que cette suspension compromet les progrès fragiles réalisés grâce au cessez-le-feu actuel.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de restrictions croissantes qui entravent déjà l’acheminement de fournitures indispensables à Gaza, notamment de la nourriture, des médicaments, des produits d’hygiène et des abris. L’ONU craint que cette nouvelle action n’aggrave encore davantage la crise humanitaire que subit la population palestinienne.

Conformément au droit international humanitaire, Israël a l’obligation d’autoriser et de faciliter le passage rapide et sans entrave de l’aide humanitaire destinée à tous les civils qui en ont besoin, a rappelé le secrétaire général. Il a également souligné la nécessité de garantir la sécurité de tous les acteurs humanitaires et le respect des principes humanitaires fondamentaux.

Médecins sans frontières (MSF), l’une des organisations concernées, a fermement dénoncé cette mesure, affirmant que

« Refuser l’assistance médicale à la population civile est inacceptable en toutes circonstances, et il est atroce d’utiliser l’aide humanitaire comme un outil de punition politique ou collective. »

Médecins sans frontières

La suspension de ces ONG fait suite à une réglementation israélienne exigeant des informations détaillées sur leurs employés. 37 ONG provenant de pays tels que l’Espagne, le Japon, la Suisse, la Suède, les Pays-Bas, le Canada, la France et le Royaume-Uni ont dénoncé cette mesure. MSF a réfuté les accusations portées par les autorités israéliennes, affirmant qu’elle n’emploierait jamais de personnes impliquées dans des activités militaires, ce qui serait contraire à ses valeurs et à ses principes éthiques. L’organisation rappelle que quinze de ses membres ont été tués par les forces israéliennes et considère que la demande de listes de personnel constitue une atteinte inacceptable à son indépendance et à sa neutralité.

Législation contre l’UNRWA

Parallèlement à ces restrictions imposées aux ONG, le Parlement israélien a adopté le 29 décembre une loi supprimant l’immunité diplomatique de l’UNRWA (Agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Moyen-Orient) en savoir plus sur l’UNRWA. Cette loi autorise également la suppression des approvisionnements essentiels (eau, électricité, carburant, communications) à l’agence et confère au gouvernement israélien le pouvoir d’exproprier les biens de l’ONU à Jérusalem-Est, y compris le siège de l’agence et son principal centre de formation professionnelle.

« Cette nouvelle législation représente un nouveau coup porté au système multilatéral », a déclaré Philippe Lazzarini, commissaire général de l’UNRWA, dénonçant une « campagne systématique et continue visant à discréditer l’UNRWA » et à entraver l’aide à des millions de réfugiés palestiniens.

La Cour internationale de Justice (CIJ) a estimé en octobre qu’Israël n’avait pas étayé ses allégations selon lesquelles une partie importante des employés de l’UNRWA seraient membres du Hamas, ni prouvé le prétendu manque de neutralité de l’agence. La CIJ a rappelé à Israël son obligation de faciliter les opérations de l’UNRWA, et non de les entraver, soulignant que cette nouvelle législation constitue un rejet inacceptable de ses conclusions.

Rejet international des mesures israéliennes

Le gouvernement espagnol a fermement rejeté les mesures israéliennes visant à limiter le travail des organisations humanitaires dans les territoires palestiniens occupés et a exigé l’annulation de ces décisions « inacceptables », selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié ce vendredi. Parmi les organisations concernées figurent Action contre la faim, OXFAM, Cáritas et Médecins sans frontières (MSF), qui préviennent que des centaines de milliers de Gazaouis pourraient se retrouver privés de soins de santé.

Outre l’Espagne, plusieurs ONG internationales et d’autres pays, dont le Canada, le Royaume-Uni et la France, ont également dénoncé ces mesures.

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