Le député Guy Marius Sagna a interpellé le gouvernement à Ziguinchor concernant l’état critique des ponts Émile Badiane et de Tobor. Cette visite de terrain a provoqué de vives réactions politiques locales, notamment les critiques d’Idrissa Benjamin Sané qui dénonce une démarche qu’il qualifie de mise en scène politicienne.
La situation des infrastructures routières en Casamance refait surface au cœur du débat public.
Les retards répétés sur les chantiers des ponts de Ziguinchor et de Tobor
Sur place, le parlementaire a fustigé l’enlisement des projets de réhabilitation. Il a rappelé que l’ancien ministre des Infrastructures, Yankhoba Diémé, puis son successeur, Déthié Fall, avaient successivement assuré que les dossiers progressaient et que les appels d’offres avaient été lancés.
Face à ce report, l’élu a exigé des explications et des excuses de la part de l’exécutif, estimant que les populations ne peuvent plus se contenter d’annonces sans lendemain. Il a souligné la présence de ferrailles apparentes et de marques d’usure avancée sous l’ouvrage de Tobor, augmentant les risques d’accidents pour les automobilistes et les camions qui empruntent quotidiennement cet axe.
Le Mouvement citoyen Ziguinchor Rek accuse le député de « cinéma politique »
Le dirigeant associatif a interpellé directement le député sur son inaction passée, lui reprochant d’être resté silencieux lorsque son camp politique occupait les fonctions dirigeantes de l’État.
Un mécontentement élargi aux urgences socio-économiques de la ville
Au-delà du dossier des ponts, la polémique s’étend aux difficultés quotidiennes qui asphyxient la capitale du Sud. Idrissa Benjamin Sané a élargi le constat en évoquant la dégradation de la voirie urbaine, les carences de l’éclairage public, les récurrents problèmes d’inondations et les défaillances de l’assainissement. La situation de la jeunesse et des femmes a également été mise en avant, marquée par l’absence de perspectives professionnelles incitant de nombreux jeunes à se tourner vers les transports en moto Jakarta, ainsi que par les obstacles d’accès aux financements pour les commerçantes locales.
Le débat intègre par ailleurs la situation de la Grande Mosquée de Ziguinchor, considérée comme un repère spirituel et communautaire majeur dont l’état actuel nécessiterait davantage d’attention de la part des pouvoirs publics. Pour les critiques locaux, ces multiples urgences démontrent que les difficultés de la région exigent des actions structurelles durables plutôt que des déplacements à portée médiatique.
Perspectives institutionnelles et interpellations à l’Assemblée
Malgré les accusations d’instrumentalisation politique, Guy Marius Sagna poursuit sa pression institutionnelle sur le pouvoir central. L’élu a confirmé avoir déposé au cours du mois d’août une nouvelle question écrite au gouvernement, constituant sa troisième ou quatrième interpellation sur le dossier des ponts depuis le mois d’avril 2024.

Les usagers et les habitants de la Casamance attendent désormais de l’exécutif qu’il fixe un nouveau calendrier crédible et surtout que les chantiers de réhabilitation s’engagent effectivement jusqu’à leur terme, afin de sécuriser l’axe vital qui relie Bignona à Ziguinchor.