Home SantéHantavirus : l’OMS déclare fin de l’épidémie à bord du MV Hondius le 2 juillet

Hantavirus : l’OMS déclare fin de l’épidémie à bord du MV Hondius le 2 juillet

by Sophie Martin
Une épidémie sous haute surveillance : le bilan humain et sanitaire

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé ce lundi 29 juin que l’épidémie de hantavirus, déclenchée à bord du navire de croisière MV Hondius en avril 2026, devrait officiellement prendre fin le 2 juillet, à condition qu’aucun nouveau cas ne soit signalé d’ici là. Une décision qui marque la fin d’une crise sanitaire internationale ayant impliqué 33 pays et fait trois morts.

Une épidémie sous haute surveillance : le bilan humain et sanitaire

Une épidémie sous haute surveillance : le bilan humain et sanitaire
L’épidémie de hantavirus, qui a commencé à bord du navire néerlandais MV Hondius en avril 2026, a mobilisé les autorités sanitaires mondiales pendant plus de deux mois. Le bilan est lourd : 13 cas confirmés (dont un probable), dont trois décès, et plus de 650 contacts suivis dans 33 pays et territoires. Selon l’OMS, tous les cas contacts ont achevé leur quarantaine, sauf 54, dont la surveillance doit s’achever le 2 juillet. « Tous sauf 54 cas contacts ont terminé leur période de quarantaine, et les cas contacts restants doivent achever leur période de quarantaine d’ici au 2 juillet », a précisé le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse à Genève. Si aucun nouveau cas n’est détecté d’ici cette date, l’OMS déclarera officiellement l’épidémie terminée. Le navire, parti d’Ushuaïa en Argentine le 1er avril, avait fait escale dans des zones reculées de l’Atlantique Sud avant d’être évacué à Tenerife, aux Canaries, le 10 mai. Les passagers et l’équipage ont été placés en quarantaine, et le bateau a finalement rejoint Rotterdam pour désinfection le 18 mai. Le virus des Andes, responsable de cette épidémie, est la seule souche connue capable de se transmettre d’humain à humain, avec un taux de létalité oscillant entre 20 et 40 %. Sa transmission à bord du navire a été facilitée par la promiscuité prolongée entre passagers et équipage.

Un variant détecté en Argentine : une piste sans lien direct avec l’épidémie

Alors que l’épidémie touche à sa fin, une découverte récente en Argentine soulève des questions sur l’origine et la propagation du virus. L’Institut de virologie Malbran a annoncé avoir détecté un variant de hantavirus chez des rongeurs en Terre de Feu, une région isolée au sud du pays. Cependant, les autorités ont rapidement précisé que cette variante était « différente de celle observée chez les personnes infectées lors de l’épidémie étudiée », selon un communiqué officiel. Cette découverte, bien que préoccupante, ne remet pas en cause la fin de l’épidémie actuelle, mais elle pourrait éclairer les mécanismes de transmission et les risques futurs liés aux rongeurs porteurs du virus.

Cette distinction est cruciale : elle confirme que les rongeurs analysés en Terre de Feu ne sont pas à l’origine de l’infection à bord du MV Hondius. L’épidémie actuelle est attribuée à la souche andine, endémique dans le sud du Chili et de l’Argentine, et non à une nouvelle mutation locale. Les autorités sanitaires argentines ont capturé plus d’une centaine de rongeurs pour analyse, mais aucun lien n’a été établi entre ces animaux et les cas humains.

Un variant détecté en Argentine : une piste sans lien direct avec l’épidémie

Une réponse scientifique internationale sans précédent : le projet NAVIS

Une réponse scientifique internationale sans précédent : le projet NAVIS
Si l’épidémie touche à sa fin, la communauté scientifique internationale n’en reste pas moins mobilisée. L’OMS coordonne une étude coordonnée, baptisée NAVIS (Network for Andean Virus Investigation and Surveillance), qui rassemble des chercheurs de 21 pays. Ce réseau, dirigé par le Collaborative Open Research Consortium (CORC) et soutenu par l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA), vise à caractériser les aspects clés de l’infection par le hantavirus, notamment les périodes d’incubation, les mécanismes de transmission, et les facteurs associés aux formes graves de la maladie. Des centaines de chercheurs, issus d’institutions prestigieuses comme l’Inserm, l’Institut Pasteur, l’Université d’Emory et le Centre australien de contrôle des maladies, participeront à cette étude. Un protocole de recherche harmonisé a été élaboré pour collecter des données standardisées, facilitant ainsi la comparabilité des résultats. Les échantillons prélevés à bord du MV Hondius seront partagés avec le BioHub de l’OMS en Suisse, afin de développer des outils de diagnostic, des traitements et, éventuellement, des vaccins pour les futures flambées.

« Nous travaillons également à ce qu’un échantillon du virus soit partagé avec le BioHub de l’OMS, en Suisse. Cela sera important pour développer des outils de diagnostic, des traitements et des vaccins pour de futures flambées », a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus. Cette initiative est financée par l’Union européenne dans le cadre du programme BE READY, visant à renforcer la préparation scientifique face aux épidémies futures.

Quelles leçons tirer de cette épidémie ?

L’épidémie de hantavirus à bord du MV Hondius a révélé plusieurs failles dans la gestion des risques sanitaires internationaux. La promiscuité prolongée à bord des navires de croisière, combinée à l’absence de vaccin ou de traitement spécifique, a transformé une infection rare en une crise mondiale. Les autorités sanitaires ont dû improviser des protocoles de quarantaine et de suivi dans des pays aux systèmes de santé très différents, une coordination qui a finalement porté ses fruits. Cependant, cette épidémie pose des questions sur la préparation des États face aux maladies émergentes. Le hantavirus, bien que rare, illustre le risque constant posé par les pathogènes d’origine animale. Les recherches en cours pourraient permettre de mieux comprendre les mécanismes de transmission et de développer des contre-mesures efficaces. En attendant, la fin de cette épidémie le 2 juillet, sous réserve de l’absence de nouveaux cas, marque une victoire temporaire — mais pas définitive — contre une menace qui pourrait resurgir.

Pour les voyageurs, les autorités sanitaires rappellent l’importance de respecter les consignes en cas de contact avec des rongeurs, notamment dans les régions où le virus est endémique. Quant aux scientifiques, leur travail ne fait que commencer : comprendre cette épidémie pour mieux prévenir les prochaines.

Quelles leçons tirer de cette épidémie ?

Consultez un professionnel de santé en cas de symptômes ou d’exposition suspecte.

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