Home Divertissement« Harlem a toujours évolué » : dans la nouvelle maison du Studio Museum, d’une valeur de 160 millions de dollars | Musées

« Harlem a toujours évolué » : dans la nouvelle maison du Studio Museum, d’une valeur de 160 millions de dollars | Musées

by Antoine Girard

Publié le 2025-11-06 14:35:00. Harlem connaît une nouvelle ère de renaissance culturelle, marquée par l’inauguration d’un nouveau musée dédié à l’art noir et par d’importants investissements dans le quartier de Manhattan.

  • Le Studio Museum in Harlem ouvre ses portes dans un bâtiment flambant neuf de 160 millions de dollars (environ 147 millions d’euros).
  • Le Théâtre Apollo est en pleine rénovation et la Ligue Nationale Urbaine a inauguré un nouveau siège social de 250 millions de dollars (environ 230 millions d’euros) comprenant un musée des droits civiques.
  • L’installation d’un drapeau réinventé par l’artiste David Hammons symbolise la fierté et la résilience de la communauté afro-américaine.

Harlem est en pleine effervescence. Sur la 125e rue, là où se dresse la statue d’Adam Clayton Powell Jr. et où Nelson Mandela a été salué après sa libération, une nouvelle vague d’investissements et de projets culturels transforme le quartier. Le Studio Museum in Harlem, institution emblématique dédiée à l’art des artistes d’origine africaine, est au cœur de cette transformation avec l’ouverture de son nouveau bâtiment, fruit de 14 années de travail.

Conçu par le cabinet Adjaye Associates, avec Cooper Robertson comme architecte exécutif, ce nouvel espace de 82 000 pieds carrés (environ 7 600 mètres carrés) répartis sur sept étages, représente un tournant majeur pour le musée. Il double presque sa superficie d’exposition et de programmation, offrant ainsi un écrin à sa collection de plus de 9 000 œuvres réalisées par plus de 800 artistes.

L’inauguration de ce musée intervient dans un contexte politique particulier, marqué par une première année de second mandat de Donald Trump et par des remises en question des initiatives en matière de diversité, d’équité et d’inclusion, notamment au sein des Musées de la Smithsonian Institution. L’élection récente d’un maire incarnant la diversité culturelle de New York et l’esprit de Harlem, qui transforme la renaissance en acte de résistance, rendent ce moment d’autant plus significatif.

« Ce bâtiment dit au monde : Harlem compte ; l’art noir compte ; les institutions noires comptent. »

Raymond J McGuire, président du conseil d’administration

Le Studio Museum in Harlem a été fondé en 1968, une année marquée par des assassinats, des émeutes et des bouleversements sociaux, par des artistes, des militants, des philanthropes et des habitants du quartier. Son objectif était de créer un lieu où l’art pouvait s’épanouir et de lutter contre l’exclusion systémique des artistes noirs des institutions traditionnelles. Le musée a d’abord ouvert ses portes dans un loft loué sur la Cinquième Avenue.

Le nouveau bâtiment répond à des contraintes logistiques qui limitaient le musée précédent. L’absence de quai de chargement obligeait à décharger les œuvres d’art dans la rue, et l’absence d’ascenseur de grande taille rendait difficile le déplacement des pièces volumineuses. De plus, moins de la moitié du bâtiment était accessible au public.

Thelma D’or, directrice et conservatrice en chef de longue date, a déclaré que la nouvelle structure permet à l’institution d’exprimer pleinement son ambition et ses aspirations en tant que musée. Thelma D’or a mené une campagne de collecte de fonds qui a permis de récolter plus de 300 millions de dollars (environ 276 millions d’euros) auprès de particuliers, d’entreprises, de fondations et de la ville de New York.

La construction a été retardée par la pandémie de coronavirus et a été perturbée par un scandale impliquant l’architecte Sir David Adjaye, qui a dû se retirer du projet. Malgré ces difficultés, le résultat est à la hauteur des attentes.

Le nouveau bâtiment comprend des galeries, un vaste hall, des espaces de programmation flexibles, un atelier pédagogique, un café, une boutique et un toit-terrasse offrant une vue panoramique sur la ville. Un escalier monumental revêtu de terrazzo relie les différents niveaux. La conception, qui utilise du bois d’ingénierie et du béton poli, s’inspire de l’architecture locale et des églises du quartier.

Pascale Sablan, directrice générale d’Adjaye Associates New York, a décrit la vision du nouveau bâtiment comme une « réimagination de l’architecture vernaculaire de Harlem ».

La programmation inaugurale met en lumière le passé, le présent et l’avenir du musée à travers quatre expositions majeures, dont une première rétrospective consacrée à l’œuvre de Tom Lloyd, pionnier de la sculpture lumineuse électronique, et une exposition présentant des œuvres tirées de la collection permanente du musée, allant du XIXe siècle à nos jours. Parmi les œuvres exposées figurent des créations de William T. Williams, Kerry James Marshall, Malvin Gray Johnson, Barkley L. Hendricks, Jean-Michel Basquiat, Faith Ringgold, Jacob Lawrence, Jordan Casteel, Lorraine O’Grady, Betye Saar et Rosana Paulino.

Le Studio Museum à Harlem. Photo : Albert Vecerka/Albert Vecerka/Esto

Le musée célèbre également son programme d’artistes en résidence avec une exposition d’anciens élèves, dont Renée Green, Kehinde Wiley, Mickalene Thomas et Titus Kaphar. Enfin, sept capsules temporelles en bronze créées par Houston Conwill en 1984, contenant les testaments de sept personnalités afro-américaines, seront exposées et ouvertes en septembre 2034.

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