Home DivertissementHedda est une réimagination sauvage d’une pièce des années 1890. Voici 11 autres fois où Hollywood a donné une tournure loufoque à une vieille histoire

Hedda est une réimagination sauvage d’une pièce des années 1890. Voici 11 autres fois où Hollywood a donné une tournure loufoque à une vieille histoire

by Antoine Girard

Publié le 31 octobre 2024 08h00:00. Des adaptations cinématographiques audacieuses revisitent des œuvres classiques, allant de Hedda Gabler à La Vie d’un Insecte, en privilégiant la réinterprétation à la simple reproduction.

  • Nia DaCosta propose une nouvelle lecture de Hedda Gabler d’Ibsen, en transposant l’histoire dans un contexte contemporain avec une héroïne noire et queer.
  • Plusieurs films récents, comme Bugonia et Les Roses, se démarquent par leur approche originale de leurs sources respectives.
  • Des classiques de l’animation comme La Vie d’un Insecte et des films cultes comme O Brother, Where Art Thou? révèlent des influences surprenantes.

Quand Nia DaCosta s’est attaquée à Hedda Gabler, le chef-d’œuvre d’Henrik Ibsen, son objectif n’était pas de l’adapter, mais de le réinventer complètement. Le résultat est une œuvre cinématographique impressionnante, portée par Tessa Thompson et Nina Hoss, qui incarnent deux femmes rivales, brillantes mais prisonnières d’une société patriarcale. Hedda explore les thèmes de la duplicité chers à Ibsen.

La question centrale de l’œuvre originale – Hedda Gabler, femme captive, piégée dans un mariage aristocratique par ses propres contradictions et les pressions sociales – est-elle une méchante ou une victime, justifiée dans sa quête de pouvoir personnel par la manipulation de son entourage ? La version de DaCosta, disponible en streaming sur Prime Video, maintient cette interrogation tout en se libérant de la plupart des autres contraintes de la pièce originale.

« C’est ce qui donne aux œuvres classiques leur vitalité. Elles doivent être adaptées, non seulement pour le moment, mais aussi pour la personne que l’on est. »

Nia DaCosta, réalisatrice

DaCosta a transformé Hedda en une femme noire queer, dans une époque où ces identités étaient peu prises en compte. Elle ne cherchait pas une adaptation fidèle, mais plutôt à insuffler sa propre vision créative à l’histoire. Comme elle l’a expliqué à IndieWire, elle voulait que cette nouvelle version résonne avec sa propre expérience.

Cette approche audacieuse n’est pas isolée. D’autres réalisateurs ont également pris des libertés créatives avec leurs sources d’inspiration. Bugonia, le dernier film de Yorgos Lanthimos, sorti cette semaine, est un récit décalé sur un théoricien du complot qui kidnappe un PDG pharmaceutique qu’il croit être un extraterrestre. Mais il est encore plus étrange que le film sud-coréen dont il est tiré, Sauvez la planète verte !, plus déroutant dans sa fusion des genres et plus troublant dans sa représentation de la violence physique.

En actualisant le film de 2003, Lanthimos apporte une perspective différente – et plus pessimiste – : la société est peut-être déjà trop fragmentée et désagrégée pour être sauvée. Selon une critique du CBC, le film offre une vision démoralisante de notre époque. En salles actuellement.

La Guerre des Roses (1989), basé sur le roman du même nom, dépeint un couple au bord du divorce, où l’un des conjoints cherche à prouver son point de vue par la destruction. Les Roses, quant à lui, adopte une approche plus nuancée : les protagonistes s’aiment toujours sincèrement, malgré leurs querelles. Une critique du CBC souligne cette complexité émotionnelle. Achetez ou louez sur Apple TV ou Prime Video.

Certaines adaptations puisent leurs racines dans des sources surprenantes. La Vie d’un Insecte (Pixar), inspiré de la fable d’Ésope La Fourmi et la Sauterelle, est en réalité fortement influencé par Les Sept Samouraïs d’Akira Kurosawa. Pixar l’a d’ailleurs reconnu. Une critique du Chicago Tribune de 1998 soulignait déjà ces « allusions taquines ». Disponible en streaming sur Disney+.

O Brother, Where Art Thou? des frères Coen, est une adaptation libre de L’Odyssée d’Homère, transposée dans l’Amérique des années 1930. Les réalisateurs ont même admis ne pas avoir lu l’œuvre originale en entier, préférant s’inspirer de l’esprit du récit. Selon The Guardian, ils ont transformé l’histoire d’un héros en un road-trip criminel. Disponible en streaming sur Disney+.

Quant à Le Nouveau Groove de l’Empereur, il est le résultat d’un remaniement complet d’un projet initialement plus ambitieux, inspiré de Le Prince et le Pauvre. Seul le duo improbable entre un empereur arrogant et un paysan attachant subsiste de l’idée originale. Le documentaire La Boîte à Sueur, désormais difficile à trouver, témoigne de ce processus créatif chaotique. Disponible en streaming sur Disney+.

Dans certains cas, l’adaptation dépasse l’original en qualité. Les Affranchis de Martin Scorsese, inspiré du film hongkongais Affaires Internes, gagne en intensité et en réalisme en se déroulant dans les rues de Boston. Scorsese et Leonardo DiCaprio ont révélé dans une interview à Letterboxd que le film polonais Cendres et Diamants avait également influencé leur approche narrative. Disponible en streaming sur Crave ou à la location sur Prime Video ou Apple TV.

La version musicale de La Petite Boutique des Horreurs est une transformation radicale du film original, tourné avec un budget minuscule et considéré comme l’un des pires films jamais réalisés. Howard Ashman et Alan Menken ont apporté des changements significatifs, notamment en donnant à la plante carnivore un rôle plus central et en ajoutant deux fins alternatives, dont l’une est particulièrement choquante. Disponible à l’achat sur Blu-ray ou à la location dans votre vidéoclub local.

Enfin, Les Innocents, adaptation du roman Le Tour de Vis d’Henry James, est souvent considérée comme supérieure aux nombreuses autres versions de l’histoire. Le film se distingue par son atmosphère angoissante, ses techniques cinématographiques innovantes et le jeu troublant des jeunes acteurs. Disponible en streaming sur Hollywood Suite via Prime Video.

Parmi les adaptations sous-estimées, Fourrière pour chiens, inspiré du film britannique Scum, se concentre sur la violence et l’apathie des adolescents en milieu carcéral. Shining de Stephen King, réalisé par l’auteur lui-même pour contrer l’adaptation de Stanley Kubrick, est une version plus fidèle du roman, bien que controversée. Et Où sont les choses sauvages de Spike Jonze, inspiré du livre pour enfants de Maurice Sendack, explore des thèmes plus sombres et complexes que l’original. Louez sur Apple TV.

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