L’administration américaine envisage de fournir à l’Ukraine des missiles Tomahawk, capables de frapper en profondeur sur le territoire russe, une décision qui pourrait marquer une escalade significative du conflit. Cette annonce intervient alors que l’OTAN réaffirme son soutien à Kyiv et que Donald Trump, candidat à la présidence, se prépare à une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé mercredi que l’Ukraine recevrait prochainement une « puissance de feu » accrue. Cette promesse coïncide avec les discussions concernant la possible livraison de missiles Tomahawk, une arme de longue portée qui inquiète le Kremlin. Moscou a déjà averti qu’une telle fourniture constituerait « une étape d’escalade qualitativement nouvelle » et pourrait élargir le conflit.
Selon les informations disponibles, l’initiative repose sur un mécanisme où les pays membres de l’OTAN achètent des armements américains pour les transférer à l’Ukraine. Hegseth a souligné que les engagements des membres de l’alliance « se traduiront bientôt en capacités ». Il a également fait référence à sa propre expérience en matière de résolution de conflits, évoquant le cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hamas.
« La paix ne vient pas lorsque vous utilisez des mots forts ou que vous agitez le doigt », a déclaré Hegseth, « mais lorsque vous disposez de capacités fortes et réelles que les adversaires respectent. »
Donald Trump, qui devrait rencontrer Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche vendredi, a lui-même évoqué la possibilité d’envoyer des missiles Tomahawk à l’Ukraine, tout en soulignant qu’il souhaitait d’abord connaître l’utilisation que Kyiv en ferait. Il a déclaré plus tôt cette semaine que la livraison de tels missiles pourrait être « une nouvelle étape d’agression », mais a ajouté qu’il pourrait dire à la Russie : « Si cette guerre ne se règle pas, j’enverrai [Ukraine] des Tomahawks. »
L’évolution de la position de Trump sur ce conflit est notable. Initialement, il avait suggéré que l’Ukraine pourrait céder des territoires à la Russie, mais il a depuis déclaré que Kyiv pourrait reconquérir l’ensemble des terres occupées. Bien qu’il ait autrefois promis de résoudre la guerre en 24 heures, il a reconnu que la tâche s’avérait plus complexe.
À ce stade, la Russie occupe environ un cinquième du territoire ukrainien, malgré les contre-offensives menées par les forces ukrainiennes, soutenues par leurs alliés occidentaux, au cours des trois dernières années et demie. Par ailleurs, l’expansion de l’OTAN vers l’est est perçue par Moscou comme l’une des causes de son « opération militaire spéciale » en Ukraine.
Trump semble désormais concentrer ses efforts sur la résolution du conflit ukrainien, fort de ses récents succès diplomatiques au Moyen-Orient. Il a déclaré : « Concentrons-nous d’abord sur la Russie », laissant entendre que d’autres conflits pourraient être abordés ultérieurement par son envoyé spécial, Steve Witkoff, qui s’est déjà rendu à Moscou pour des discussions avec Vladimir Poutine.
Lundi, un incendie déclenché par une bombe planante russe a ravagé un hôpital dans la ville ukrainienne de Kharkiv, illustrant la violence continue des combats.
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