Publié le 12 février 2024 à 18h42. Le géant brassicole Heineken voit son PDG, Dolf van den Brink, quitter ses fonctions plus tôt que prévu, alors que le groupe est confronté à un ralentissement des ventes et à une pression accrue sur ses marges.
- Dolf van den Brink quittera son poste de PDG de Heineken fin mai.
- Le groupe brassicole a revu à la baisse ses prévisions commerciales en octobre dernier.
- Heineken se concentrera sur 17 marchés principaux et réduira ses investissements dans certaines marques.
Le départ de Dolf van den Brink, annoncé lundi, intervient dans un contexte de turbulences pour le secteur de la bière. Après six ans à la tête de l’entreprise, le dirigeant quitte ses fonctions à un moment où Heineken doit faire face à une baisse des volumes de ventes dans de nombreux pays et à une érosion de ses marges bénéficiaires. La recherche d’un successeur est lancée, mais aucune date n’a encore été fixée pour l’annonce du nom de son remplaçant.
Selon la direction, van den Brink restera disponible en tant que conseiller pendant huit mois à compter de juin, afin d’assurer une transition en douceur. Son départ marque la fin d’une carrière de plus de 28 ans au sein du groupe, notamment connu pour ses marques Heineken et Amstel, très populaires aux Pays-Bas.
Heineken a récemment annoncé une stratégie de recentrage sur 17 marchés clés, avec une réduction des investissements dans certaines marques moins performantes. Cette décision s’inscrit dans un contexte de transformation du secteur, marqué par l’évolution des habitudes de consommation et la montée des coûts des matières premières, de l’énergie et de la logistique. La pression sur les prix de vente est forte, et des tensions avec les distributeurs, comme l’a illustré un litige avec la chaîne de supermarchés Jumbo l’année dernière, se multiplient.
Nommé en juin 2020, en pleine pandémie de coronavirus, van den Brink a hérité d’une situation difficile. Il avait alors succédé à Jean-François van Boxmeer, désormais à la tête du conseil de surveillance de Magnum (anciennement une filiale d’Unilever). Sa stratégie s’est concentrée sur le développement sur les marchés émergents et la promotion de bières haut de gamme et sans alcool. Le conseil de surveillance a salué lundi la « stratégie convaincante pour l’avenir » définie par van den Brink, tout en soulignant la nécessité d’une « mise en œuvre disciplinée » pour atteindre les objectifs fixés.
L’annonce du départ de van den Brink a été perçue négativement par les investisseurs. L’action Heineken a chuté de six pour cent à la Bourse d’Amsterdam, devenant le plus gros perdant de l’indice AEX. Les analystes financiers estiment que les difficultés rencontrées par Heineken sont davantage opérationnelles que stratégiques. Jefferies prévoit ainsi qu’il n’y aura pas de changement majeur de cap avec le prochain PDG, tandis que RBC Capital souligne que van den Brink n’a pas réussi à atteindre les attentes placées en lui.
Heineken publiera ses résultats annuels le 11 février. Les investisseurs s’inquiètent de la possibilité que ces chiffres soient inférieurs aux prévisions actuelles.