L’Organisation mondiale de la santé évalue à 1,3 million le nombre de décès mondiaux dus aux hépatites B et C en 2022, soit environ 3 500 par jour. Alors que les objectifs fixés pour 2030 exigent des progrès majeurs, de nouvelles données soulignent les lacunes persistantes dans le dépistage et la prise en charge des professionnels de santé.
Le fardeau mondial des hépatites virales B et C demeure un défi sanitaire majeur, malgré les stratégies menées à l’échelle internationale. D’un côté, la vaccination protège contre le virus de l’hépatite B, bien qu’une infection contractée au cours de la première année de vie devienne chronique dans la grande majorité des cas. De l’autre, aucun vaccin n’existe contre le virus de l’hépatite C, mais des traitements antiviraux à action directe permettent désormais d’en guérir.
Objectifs 2030 de l’OMS et disparités dans la cascade de soins
Les efforts mondiaux visent élimination en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030, selon les directives de l’Organisation mondiale de la santé. Pourtant, les programmes font face à des obstacles considérables au sein de la cascade de soins. Les données de l’agence sanitaire montrent que pour le virus de l’hépatite B, seulement 13 % des personnes atteintes d’une infection chronique connaissaient leur statut et 3 % recevaient un traitement, avec seulement huit pays sur 194 en bonne voie pour atteindre les objectifs de diagnostic. Pour le virus de l’hépatite C, la situation affiche 36 % de diagnostics et 20 % de traitements.
Les données mondiales indiquent un réservoir mondial composé de 254 millions de personnes vivant avec une infection chronique par le virus de l’hépatite B et de 50 millions de personnes atteintes d’une hépatite C chronique en 2022.
La comparaison des données mondiales illustre l’écart entre les volumes de réservoirs chroniques et la couverture réelle des services de santé :
| Pathologie virale | Réservoir mondial estimé | Part des personnes diagnostiquées | Part des personnes traitées |
|---|---|---|---|
| Hépatite B | 254 millions de personnes | 13 % | 3 % |
| Hépatite C | 50 millions de personnes | 36 % | 20 % |
Risques professionnels et limites des dépistages ciblés en milieu de soins
Dans les établissements de soins situés dans des régions à endémicité modérée à élevée, le personnel soignant et auxiliaire s’expose en permanence à des risques professionnels. Les analyses ont révélé qu’une concentration élevée d’anticorps protecteurs ne concernait qu’une minorité d’individus, tandis que les tests de réaction en chaîne par polymérase détectaient des infections occultes chez des sujets par ailleurs considérés comme peu exposés. La prise en charge implique également le recours à des antiviraux à action directe.
L’étude note que le dépistage obligatoire fondé uniquement sur l’antigène de surface de l’hépatite B laisse de côté des infections occultes. Les chercheurs estiment qu’il conviendrait de faire évoluer la surveillance épidémiologique vers un suivi actif des marqueurs d’anticorps et un dépistage ciblé par PCR, tout en maintenant des précautions strictes.
Projections épidémiologiques et dynamiques nationales de prise en charge
Les trajectoires observées au niveau national illustrent des contextes contrastés.
Ces projections soulignent la nécessité d’ajuster les interventions sanitaires bien avant l’horizon fixé, car l’extrapolation statistique seule ne reflète pas l’impact d’une éventuelle intensification des mesures de prévention.
Pour toute question relative au dépistage des virus de l’hépatite B ou C, aux expositions professionnelles en milieu de soin ou à l’interprétation des marqueurs sérologiques, il est recommandé de consulter un professionnel de santé qualifié ou un médecin spécialiste.