Une étude menée auprès de 31 cabinets pédiatriques montre que recommander le vaccin contre le papillomavirus humain dès l’âge de 9 ou 10 ans augmente les taux d’initiation et de complétude par rapport aux recommandations actuelles visant 11 ou 12 ans.
Les résultats de l’essai clinique randomisé mené de 2021 à 2026
De nouvelles données présentées lors de la conférence IDWeek à Washington révèlent l’impact de l’âge sur la couverture vaccinale contre le papillomavirus humain. L’essai clinique randomisé par grappes a suivi 31 cabinets pédiatriques répartis en Californie et au Colorado sur une période allant de 2021 à 2026.
Les chercheurs ont constaté qu’à l’âge de 13 ans, les enfants dont les pédiatres avaient amorcé la discussion vaccinale dès 9 ou 10 ans affichaient des taux d’initiation et de complétude supérieurs à ceux du groupe de référence. Concrètement, l’écart entre les deux approches modifie profondément la protection des adolescents contre un virus responsable de six types de cancer.
| Indicateur de vaccination | Groupe précoce (9-10 ans) | Groupe standard (11-12 ans) |
|---|---|---|
| Initiation à 13 ans | 77,1 % | 67 % |
| Complétude à 13 ans | 61,6 % | 45,1 % |
| Âge médian à l’initiation | 11 ans | 11,8 ans |
| Âge médian à la complétude | 12,2 ans | 13,3 ans |
La position des autorités sanitaires et les recommandations des experts
Actuellement, les directives des principales sociétés savantes et agences de santé publique présentent des nuances. Le CDC recommande de débuter la série de deux doses entre 11 et 12 ans, tout en précisant qu’il est possible de commencer dès 9 ans. De son côté, l’American Academy of Pediatrics préconise de débuter entre 9 et 12 ans, à un âge que le professionnel de santé juge optimal pour l’acceptation et la fin de la série vaccinale
, selon le Red Book.

Ce que nos données montrent, c’est que l’âge auquel les familles entendent parler pour la première fois de la recommandation du vaccin contre le VPH modifie le nombre d’enfants protégés et la rapidité de cette protection.
Sean O’Leary, MD, MPH, professeur de pédiatrie à l’Université du Colorado Anschutz School of Medicine
Les responsables de l’étude estiment que ces chiffres incitent à réévaluer les politiques en vigueur. Selon les observations rapportées, les autorités de santé devraient envisager une recommandation préférentielle plutôt qu’une simple tolérance pour les visites de 9 ou 10 ans.
L’allègement de la charge vaccinale à l’adolescence et la question de l’hésitation
Avancer la première injection au-delà de la dixième année répond aussi à des contraintes logistiques. À 11 ou 12 ans, les jeunes patients doivent déjà recevoir plusieurs vaccins en même temps, notamment le vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (Tdap) ainsi que celui contre la méningite (MenACWY), en plus du vaccin annuel contre la grippe.
Interrogé sur le climat actuel de scepticisme envers les vaccins, Parzen-Johnson a soulevé la question des résistances parentales. Les auteurs de l’étude ont toutefois noté que l’hésitation des parents ne différait pas fondamentalement entre les groupes. La principale réserve venait de familles surprises qu’une injection soit pratiquée lors d’une visite de routine sans avertissement préalable.
Les entretiens menés auprès du personnel soignant indiquent en outre que les discussions autour du vaccin sont plus brèves et plus aisées lorsque la démarche est introduite plus tôt. Cette approche permet de présenter le vaccin sous l’angle de la prévention du cancer avant les questions liées à la vie sexuelle, sans qu’aucune baisse de l’immunité à long terme ne soit observée sur les quinze années de recul disponibles.
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