Pour les petits producteurs d’huile de palme en Malaisie, obtenir une certification durable représente un coût qui équivaut souvent à une année entière de revenus. Selon Hazmilah Sulaiman de l’organisation Wild Asia, cette exigence financière disproportionnée pousse de nombreux exploitants indépendants à mutualiser leurs efforts pour accéder aux marchés internationaux.
Pour un petit producteur malaisien, produire de manière durable exige bien plus qu’un simple changement de pratiques agricoles. Il faut s’acquitter des frais de certification, garantir la traçabilité de la production et répondre aux critères stricts exigés par les acheteurs. Ce défi prend des proportions considérables pour les exploitants dont la surface ne dépasse pas un hectare, selon les informations présentées lors d’une visite de familiarisation de journalistes en Malaisie.
Le coût de la certification pèse sur les revenus
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Hazmilah Sulaiman, assistant general manager de Wild Asia, a chiffré la charge financière qui pèse sur ces producteurs. Une certification peut s’élever à environ 30 000 ringgits, soit près de 4 millions de FCFA. Or, un exploitant d’un hectare génère généralement entre 30 000 et 40 000 ringgits de revenus par an. Le coût de la démarche représente ainsi une part considérable, voire l’équivalent d’une année entière de rentes, ce qui rend l’investissement hors de portée pour beaucoup, d’après l’organisation.
Ils ne peuvent pas se permettre d’obtenir la certification.
Hazmilah Sulaiman, assistant general manager de Wild Asia
Pour contourner cet obstacle financier, Wild Asia mise sur le regroupement des exploitants. L’organisation rassemble les producteurs au sein de structures plus larges afin de partager les frais liés aux audits, aux vérifications et à la conformité. Actuellement, Wild Asia encadre plus de 3 000 producteurs indépendants sur une superficie supérieure à 34 000 hectares, répartis dans plusieurs régions de Malaisie et dans le sud de la Thaïlande. L’entité précise qu’elle ne facture pas directement ses prestations aux petits exploitants, son modèle économique reposant sur des subventions, des financements et le soutien de partenaires privés.
Les marchés internationaux exigent une traçabilité rigoureuse
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La structure de la filière présente une autre faiblesse au niveau de l’accès au marché. Faute de moyens de transport suffisants pour acheminer directement leurs régimes de fruits frais jusqu’au moulin, de nombreux producteurs dépendent d’intermédiaires et de collecteurs. Ces derniers récupèrent la récolte par camion pour l’emmener au moulin, avant que l’huile ne rejoigne une raffinerie et les industriels.
Face à ce schéma classique, la traçabilité devient un enjeu central. Wild Asia procède à la vérification des producteurs, des volumes et de leurs autorisations de vente afin d’établir des rapports traçant l’origine des fruits jusqu’à la parcelle. Cette transparence répond aux exigences des grandes entreprises utilisatrices d’huile de palme, engagées dans des démarches environnementales et sociales. Parmi les partenaires de Wild Asia figurent des groupes tels que L’Oréal, Kellanova, Kering, Fuji Oil, Unilever et ALDI, dont certains financent l’intégration des petits exploitants dans ces chaînes d’approvisionnement.
Malgré ces dispositifs, la prime liée à la certification RSPO demeure limitée dans le revenu global du producteur. Pour dépasser cette limite, Wild Asia agit sur trois leviers : connecter les producteurs aux acheteurs, valoriser la production et diminuer les coûts, notamment par la vente de crédits RSPO et l’adoption de pratiques agricoles régénératrices.