L’Iran maintient ses conditions pour rouvrir le détroit d’Ormuz malgré le rejet de son plan par Washington, alors que les flux pétroliers reprennent progressivement.
Le refus américain et la fermeté de Téhéran face au contrôle du détroit
La République islamique d’Iran a confirmé qu’elle n’abandonnerait pas ses exigences pour rétablir la navigation normale dans ce passage maritime stratégique. Nos conditions sont claires, et tout mouvement vers la réouverture du détroit d’Ormuz dépend de la satisfaction de ces conditions. Nous ne reviendrons pas dessus
, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans des propos rapportés le 27 septembre 2026 par la télévision d’État.
Cette position intervient au lendemain d’une fin de non-recevoir opposée par la Maison-Blanche. Le président américain Donald Trump a sèchement balayé la proposition iranienne devant la presse à sa sortie de la Maison Blanche, affirmant qu’il se fichait de la réunion et que les dirigeants iraniens voulaient cet accord car ils étaient en train de méchamment perdre. Le président iranien Massoud Pezeshkian avait pourtant précisé que la proposition avait été élaborée en coordination avec le guide suprême Mojtaba Khamenei, ultime arbitre des décisions de la République islamique, avec la mise en place d’une équipe de six personnes dotées du pouvoir de décision. De son côté, l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, a qualifié la démarche d’assez cynique, accusant Téhéran de soumettre des exigences intenables après avoir violé un précédent accord de paix.

Nous sommes prêts à ouvrir le détroit si certaines choses sont faites par les États-Unis, et ces choses ne sont pas nouvelles, ne sortent pas de nulle part.
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Le retour des flux pétroliers et le contournement des routes maritimes
Malgré les tensions persistantes et les patrouilles de sécurité, le transit des hydrocarbures par le Moyen-Orient s’est redressé de manière spectaculaire depuis le début de l’automne. Le directeur général de Shell, Wael Sawan, a évalué les flux à environ 80 % de leur volume d’avant-guerre, tandis que la société de données Kpler a positionné ce taux à 92 % lors de la dernière semaine de septembre 2026. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a par la suite annoncé qu’environ 18 millions de barils de pétrole avaient quitté le golfe Persique pour la seule journée de mardi, retrouvant un niveau quasi identique à celui d’avant le conflit.
Ce rebond s’explique par plusieurs dispositifs logistiques et militaires mis en place pour affranchir les acheteurs de l’emprise iranienne, notamment la mise en place d’un corridor maritime protégé par les États-Unis. Le Commandement central des États-Unis a souligné que la navigation commerciale se poursuit grâce aux escortes fournies par la marine américaine et à l’utilisation de pétroliers-navettes. En parallèle, les exportateurs s’appuient sur l’oléoduc saoudien Est-Ouest, qui achemine quotidiennement des millions de barils pour éviter la zone de conflit malgré une attaque subie par l’infrastructure le 11 septembre de la part des Houthis.
Les divergences sur la réalité de l’emprise iranienne dans le golfe
La question du contrôle effectif de la voie navigable demeure au cœur du bras de fer diplomatique et militaire. Le CENTCOM affirme catégoriquement que le régime iranien n’exerce aucun contrôle sur ce passage international, rappelant que des milliers de navires marchands ont pu transiter en toute sécurité.
Téhéran continue pourtant de contester cette lecture en maintenant une pression armée constante et en menant des attaques contre les monarchies pétrolières alliées de Washington, ce qui a poussé les États-Unis à imposer en représailles un blocus des ports iraniens. Les autorités iraniennes imposent des restrictions aux navires non autorisés tandis que les forces américaines bombardent périodiquement le littoral, et les données des United Kingdom Maritime Trade Operations recensent au moins une attaque par jour depuis le vendredi 2 octobre dans la région, maintenant le cours du baril de Brent autour des 100 dollars.