Des intrusions informatiques massives ont provoqué des accès non autorisés et des violations de données potentiellement de nature à toucher des millions de clients à travers le pays. Une série de cyberattaques récentes menées à grande échelle cible des dizaines d’entreprises japonaises. C’est ce que révèlent les informations relayées par Le Figaro, qui précise que ces attaques touchent des structures allant de chaînes de restauration à un opérateur de location de voitures.
L’enquête menée par la branche de sécurité informatique de GMO Internet Group a permis de confirmer qu’un outil chinois de cybersécurité basé sur l’intelligence artificielle a été directement utilisé dans ces opérations malveillantes. Cet outil se nomme Artex, comme le rapporte The Manila Times. Daiki Fukumori, représentant de GMO, a précisé sur le blog de l’entreprise que les investigations menées en collaboration avec des organisations externes ont démontré que ces cyberattaques visaient « presque exclusivement le Japon ».
Artex détourné de sa fonction de défense
Artex avait initialement été développé par une entité se faisant appeler « Autumn-27 » pour aider les organisations à consolider leurs défenses informatiques au moyen de tests de sécurité automatisés, afin de déceler les vulnérabilités potentielles, d’après les informations publiées par Yahoo Finance.

L’outil a fait l’objet d’un usage abusif par des « acteurs malveillants ». La Corée du Sud a établi un lien entre l’outil et plusieurs piratages d’institutions financières. Le développeur a pris des mesures drastiques ce mois-ci. Dans un communiqué officiel, « Autumn-27 » a souligné que l’utilisation d’Artex pour mener des cyberattaques est « totalement contraire » à ses intentions initiales. Par conséquent, l’accès au code source a été suspendu pour les programmeurs. Le projet a cessé d’être mis à jour. L’outil est passé en code fermé, ainsi que le détaille Capital.
Six serveurs identifiés par les enquêteurs
L’équipe de GMO a repéré six serveurs internet différents qui servaient à lancer ces attaques alimentées par l’intelligence artificielle. D’après les précisions apportées par Le Journal de Montréal, chaque infrastructure était grossièrement classée par secteur d’activité, couvrant notamment la finance, le commerce en ligne et la logistique. Les experts n’ont toutefois pas fourni de précisions concernant la localisation exacte de ces serveurs ni l’identité des individus susceptibles de les piloter.

L’entreprise a transmis l’ensemble de ces informations aux autorités compétentes. Le gouvernement japonais a exhorté l’ensemble des acteurs économiques à renforcer leurs défenses informatiques. Le responsable du comité de cybersécurité du parti au pouvoir a qualifié la situation de « state of emergency » (état d’urgence) face aux risques émergents.