Deux superpétroliers transportant plus de deux millions de barils de pétrole brut ont été touchés par des mines dans le détroit d’Ormuz le 17 octobre 2026. L’incident aggrave la crise maritime en cours, alors que Téhéran maintient un contrôle strict sur cette route stratégique et que les efforts diplomatiques piétinent.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont confirmé le 17 octobre 2026 que deux navires transportant du brut ont pris feu après avoir heurté des engins explosifs dans la voie navigable essentielle au commerce mondial du pétrole. L’armée d’élite iranienne a indiqué qu’un premier superpétrolier tentait de traverser la zone par une route non autorisée lorsque l’explosion s’est produite. Quelques heures plus tard, une seconde embarcation similaire a connu le même sort dans le détroit.
Selon les communiqués officiels relayés par les autorités militaires, les navires visés transportaient plus de deux millions de barils de pétrole brut
au moment des impacts.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré selon Sepah News que « deux superpétroliers en infraction ont été incendiés et immobilisés à la suite de l’explosion de mines posées par les courageux marins de la marine du CGRI à un point de passage illégal dans la partie sud du détroit d’Ormuz ».
Les agences de surveillance maritime ont recensé une recrudescence des attaques au cours du mois d’octobre 2026.
La confrontation autour du détroit
Le conflit a débuté le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l’Iran, tuant le guide suprême du pays, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi que de hauts commandants militaires.
Depuis le déclenchement de la guerre, l’Iran s’efforce de bloquer cette voie navigable stratégique et exige que tous les navires demandent son autorisation pour la traverser. En réponse à cette situation, Washington a imposé un contre-blocus sur les ports iraniens. La perturbation prolongée a eu des répercussions sur l’économie, faisant croître les coûts des carburants et contribuant à l’inflation.
Les États-Unis et Téhéran ont présenté des versions radicalement différentes de la situation dans le couloir maritime. L’administration Trump a affirmé à plusieurs reprises que le détroit demeurait ouvert, tandis que le Commandement central américain a rejeté les affirmations des Gardiens de la révolution iraniens selon lesquelles Téhéran contrôlerait la voie d’eau, assurant que les forces américaines et leurs partenaires régionaux en ont le contrôle.

Les conditions de l’Iran pour rouvrir la route
Sur le plan diplomatique, le gouvernement iranien a annoncé le 30 septembre 2026 avoir reçu une réponse formelle des États-Unis à sa dernière offre de paix. La proposition a été présentée au président Massoud Pezeshkian par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a déclaré à l’agence officielle Irna que la proposition de la partie américaine avait été présentée au chef de l’État lors d’un Conseil des ministres. Le président américain Donald Trump a toutefois rejeté cette proposition devant la presse, mais Téhéran attendait une réponse officielle via les médiateurs qataris.
Téhéran subordonne la réouverture du détroit à sept conditions, incluant l’arrêt des hostilités sur tous les fronts au Moyen-Orient — y compris au Liban, où Israël affronte le Hezbollah pro-iranien —, le dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi que la fin du blocus américain. Abbas Araghchi a indiqué que si Washington acceptait les conditions iraniennes, le détroit pourrait rouvrir dans un délai de six jours.
Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères de l’Iran, a affirmé selon Reuters que « la voie vers la réouverture du détroit d’Ormuz est évidente ».
Cependant, les négociations demeurent incertaines après plus de sept mois de guerre et d’impasse diplomatique.