Publié le 2024-02-29 10:00:00. La démission de François Legault a ravivé les critiques sur son bilan en matière d’éducation, jugé par plusieurs comme une occasion manquée de moderniser et d’équilibrer le système québécois.
L’héritage du gouvernement Legault en matière d’éducation est marqué par une centralisation du pouvoir et un désengagement des acteurs locaux, selon de nombreux observateurs. Dans son message de démission, le premier ministre a évoqué des augmentations de salaires, des investissements en infrastructures et l’ajout de ressources, sans aborder les questions fondamentales liées aux élèves et à leur apprentissage.
La réforme du système de gouvernance scolaire, avec l’abolition des élections scolaires et la mise en place de conseils d’administration aux pouvoirs limités, est l’un des aspects les plus controversés de ce mandat. Le gouvernement a justifié cette approche par la nécessité de dépolitiser l’école et de donner plus de pouvoir aux personnes « connaissant les enfants par leur nom ». Cependant, les critiques dénoncent une volonté de contrôle idéologique et une marginalisation des voix démocratiques.
Cette centralisation s’est également manifestée par la dissolution du Conseil supérieur de l’éducation (CSE) et son remplacement par l’Institut national d’excellence en éducation. Le CSE avait publié un rapport alarmant sur les inégalités scolaires au Québec, le qualifiant de système le plus inégalitaire au Canada (Statistique Canada). Le gouvernement Legault a estimé que le CSE constituait un « caillou dans la chaussure », selon les propos rapportés du ministre Roberge à l’époque, et a cherché à éliminer les « discordances ».
Au-delà de la gouvernance, le gouvernement a été accusé de ne pas s’attaquer aux problèmes structurels du système éducatif, notamment l’iniquité des chances et la discrimination sociale. Il a privilégié le maintien des privilèges existants et a renforcé les clivages sociaux, au lieu de promouvoir une vision inclusive et diversifiée de la société québécoise. Cette approche a également contribué à l’épuisement professionnel des enseignants, confrontés à des défis croissants dans des classes de plus en plus hétérogènes.
L’échec du déploiement à grande échelle des « maternelles quatre ans » est un autre point noir du bilan de François Legault. Il avait même promis, avant son élection, de démissionner si cette promesse n’était pas tenue. Cette promesse non respectée symbolise, pour certains, le manque de cohérence et de vision à long terme du gouvernement en matière d’éducation.
Enfin, le gouvernement a été critiqué pour son manque d’audace en matière de programme scolaire et pour son incapacité à mobiliser les acteurs de l’éducation autour d’une réflexion collective. Il a préféré une approche pragmatique et sécuritaire, évitant les débats de fond et les prises de position courageuses.
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