Publié le 31 décembre 2025 à 23h18. Un expert britannique en cybersécurité a obtenu un visa australien exceptionnellement difficile à décrocher en révélant une faille de sécurité critique dans un système gouvernemental, illustrant une approche singulière pour attirer les talents dans le domaine technologique.
- Jacob Riggs, un autodidacte en cybersécurité, a obtenu le visa National d’Innovation (sous-classe 858), accordé à moins de 1 % des candidats.
- Il a découvert et signalé une vulnérabilité majeure dans les systèmes du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce (DFAT).
- Cette réussite lui a permis d’obtenir une résidence permanente inconditionnelle en Australie.
L’Australie a récemment accordé un visa particulièrement convoité à Jacob Riggs, un citoyen britannique, après qu’il ait identifié une faille de sécurité significative dans un système gouvernemental lors de l’examen de sa demande. Il s’agit du visa National d’Innovation (sous-classe 858), un sésame extrêmement sélectif.
Jacob Riggs, fort de plus de douze ans d’expérience dans le domaine de la cybersécurité, a toujours nourri le désir de s’installer en Australie, attiré par une qualité de vie qu’il juge supérieure à celle de nombreux pays occidentaux, et notamment par rapport au Royaume-Uni. Il explique sur son blog personnel son attrait pour le pays.
« De meilleures conditions météorologiques, des soins de santé plus performants, des environnements plus propres, des perspectives de croissance économique plus solides, des taux de criminalité plus faibles et des villes plus sûres, parmi les plus agréables à vivre au monde. Les gens semblent plus heureux, ce qui est palpable, et il existe une culture qui valorise la vie en dehors du travail. »
Jacob Riggs, expert en cybersécurité
Bien qu’il ait partagé son histoire il y a quelques jours, l’information a été reprise par les médias britanniques, tels que Metro et The Telegraph, seulement ces dernières heures. Riggs, âgé de 36 ans, a annoncé le 2 décembre avoir obtenu ce visa, attribué à moins de 1 % des candidats, lui ouvrant les portes d’une résidence permanente inconditionnelle en Australie. Il a relaté son parcours dans un article intitulé « Mon improbable voyage vers le visa le plus rare d’Australie ».
Le visa de sous-classe 858 est un titre de séjour extrêmement restrictif, destiné aux personnes ayant démontré un « palmarès internationalement reconnu de réalisations exceptionnelles et remarquables », selon le site officiel du ministère australien de l’Intérieur. Il s’adresse généralement aux lauréats de prix prestigieux, aux auteurs de publications scientifiques influentes ou aux leaders dans des domaines innovants. Or, le profil de Riggs ne correspondait pas initialement à ces critères.
Son apprentissage en cybersécurité est principalement autodidacte et il a quitté l’école secondaire sans diplôme. Il l’admet lui-même :
« J’avoue que je n’ai jamais eu de formation académique solide et j’aurais dû être transparent à ce sujet. J’ai à peine terminé mes études secondaires, donc les preuves de mon éducation et de mes réalisations dans cette catégorie ne peuvent pas se baser sur la « Lettre/Déclaration typique d’un établissement d’enseignement » ou la « Lettre/Déclaration d’un gouvernement étranger » que le portail semble attendre de ceux qui possèdent des diplômes universitaires, des subventions de recherche, etc. »
Jacob Riggs, expert en cybersécurité
Malgré ces obstacles, Riggs a persévéré et a rassemblé plus de 60 pages de preuves documentant ses projets personnels, ses travaux, ses entreprises et ses découvertes en matière de sécurité. Il souligne que, contrairement à d’autres disciplines, la cybersécurité ne dispose pas de récompenses équivalentes à une médaille d’or olympique. Il a donc mis en avant ses années de « piratage éthique et légal » d’entreprises technologiques, de gouvernements et d’institutions universitaires, ainsi que son auto-apprentissage et son développement professionnel.
C’est en examinant les systèmes gouvernementaux australiens, dans le cadre de la politique de divulgation des vulnérabilités du DFAT, qu’il a découvert une faille de sécurité critique. Il l’a signalée aux autorités compétentes, qui l’ont remercié et corrigé la vulnérabilité. Son nom a d’ailleurs été ajouté au site officiel en reconnaissance de sa contribution.
C’est suite à cette découverte qu’il a obtenu le visa 858. Riggs estime que ces preuves supplémentaires ont pu influencer favorablement l’examen de sa candidature, lui permettant de démontrer son engagement à soutenir les intérêts de l’Australie en matière de cybersécurité. Il a finalement pu s’installer en Australie.
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