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Il est peu probable que la Russie et la Chine soutiennent l’Iran face aux menaces militaires américaines

Publié le 16 janvier 2026. Alors que l'Iran est confronté à une contestation intérieure et à la pression américaine, la Russie et la Chine pourraient modérer leur soutien à Téhéran en cas d'intervention militaire de Washington, selon des…

Il est peu probable que la Russie et la Chine soutiennent l’Iran face aux menaces militaires américaines

Publié le 16 janvier 2026. Alors que l’Iran est confronté à une contestation intérieure et à la pression américaine, la Russie et la Chine pourraient modérer leur soutien à Téhéran en cas d’intervention militaire de Washington, selon des analyses récentes.

  • La Chine et la Russie privilégieraient la préservation de leurs relations avec les États-Unis à un soutien militaire à l’Iran.
  • Téhéran n’a pas réussi à établir d’alliances formelles solides avec Moscou et Pékin malgré des décennies d’efforts.
  • La crise en Ukraine reste une priorité plus élevée pour la Russie que la situation en Iran.

Malgré des liens croissants, notamment l’approvisionnement iranien en drones vers la Russie et en pétrole vers la Chine, le soutien de Moscou et de Pékin à Téhéran pourrait être limité en cas d’escalade militaire impliquant les États-Unis. Des experts interrogés par l’AFP estiment que les deux puissances privilégieraient la diplomatie et l’aide économique pour éviter une confrontation directe avec Washington.

« La Chine et la Russie ne souhaitent pas s’opposer aux États-Unis au sujet de l’Iran », a déclaré Ellie Geranmayeh, experte politique principale au Conseil européen des relations étrangères. Elle souligne que Téhéran n’a pas réussi à conclure d’alliances formelles avec Moscou et Pékin, et que ces deux pays donneraient la priorité à leurs relations bilatérales avec les États-Unis en cas de frappes américaines.

La Chine, en particulier, doit naviguer avec prudence dans sa relation avec l’administration Trump, tandis que la Russie souhaite maintenir les États-Unis engagés dans les négociations concernant la guerre en Ukraine. « Ils ont tous deux des priorités bien plus importantes que l’Iran », a ajouté Geranmayeh.

Selon l’analyste russe Sergueï Markov, les traités russo-iraniens se limitent à une assistance politique, diplomatique et économique, sans inclure de soutien militaire. Alexander Gabuev, directeur du Carnegie Russia Eurasia Center, estime que Moscou fera tout son possible pour « maintenir le régime à flot », mais que ses options sont limitées, notamment en raison de sa propre crise économique.

« La Russie ne peut pas devenir un marché géant pour les produits iraniens, ni accorder un prêt substantiel », a précisé Gabuev. Nikita Smagin, spécialiste des relations russo-iraniennes, estime que la Russie ne pourrait agir que de manière limitée en cas de frappes américaines. Il a déclaré : « Ils ne veulent pas risquer une confrontation militaire avec d’autres grandes puissances comme les États-Unis, mais en même temps, ils sont prêts à envoyer des armes à l’Iran. Utiliser l’Iran comme un atout de négociation est une stratégie courante pour la Russie », surtout dans le contexte des négociations sur l’Ukraine.

Du côté chinois, Hua Po, un observateur politique indépendant basé à Pékin, estime que la Chine est prête à aider Téhéran sur les plans économique, technologique, militaire et politique face aux pressions américaines non militaires, telles que les sanctions commerciales et les cyberattaques. Cependant, en cas de frappes américaines, la Chine « renforcerait ses liens économiques avec l’Iran et l’aiderait à se militariser afin de contribuer à enliser les États-Unis dans une guerre au Moyen-Orient ».

Theo Nencini, chercheur en relations Iran-Chine à Sciences Po Grenoble, souligne que la Chine adopte une approche prudente, pesant les enjeux pétroliers et la stabilité régionale. « La Chine profite d’un Iran affaibli, qui lui permet de s’approvisionner en pétrole à bas prix et d’acquérir un partenaire géopolitique important », a-t-il déclaré. Cependant, il ajoute : « J’ai du mal à imaginer la Chine s’engager dans une confrontation avec les Américains au sujet de l’Iran. » Pékin se contenterait probablement de condamnations verbales sans prendre de mesures de rétorsion.

Hua Po estime que la crise iranienne n’aura probablement pas d’impact significatif sur les relations sino-américaines dans leur ensemble. « La question iranienne n’est pas au cœur des relations entre les deux pays », a-t-il affirmé. « Aucun des deux ne rompra les liens avec l’autre à cause de l’Iran. »

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.