Home Santé« Il faut manger ce qui est sorti de terre, marché ou nagé » – Radio Régionale

« Il faut manger ce qui est sorti de terre, marché ou nagé » – Radio Régionale

by Sophie Martin

L’anxiété peut souvent nous pousser à manger de manière compulsive, un cercle vicieux qui peut nuire à notre santé. Le nutritionniste Javier Aristegui décrypte ce phénomène et propose des pistes pour retrouver une alimentation équilibrée et apaisée.

Nombre d’entre nous ont déjà cédé à l’appel de la nourriture pour calmer un état d’anxiété. Selon Javier Aristegui, cette tendance à « grignoter » émotionnellement est fréquente, mais peut avoir des conséquences à long terme. « L’anxiété se définit comme une mauvaise relation avec l’avenir, et l’on cherche souvent à se calmer en mangeant, explique-t-il. C’est une solution immédiate, mais qui génère des problèmes de santé à la longue. »

Il est normal de penser à un repas agréable, à condition qu’il soit sain, nuance le nutritionniste. Le véritable danger réside dans ces « picotements chroniques », ces envies constantes de manger qui surviennent dans diverses situations de la vie, souvent sans même s’en rendre compte.

Aristegui préconise une approche structurée des repas : « Il ne faut pas se laisser aller au grignotage, mais plutôt privilégier quatre repas par jour : petit-déjeuner, déjeuner, goûter et dîner. » Il insiste sur l’importance d’un équilibre global : « Je parle beaucoup de trois choses : le mouvement, la nourriture et le repos. » Il souligne que l’on doit manger davantage pendant la journée et moins le soir, en privilégiant les aliments bruts plutôt que les produits transformés. « Nous devons manger plus pendant la journée, moins la nuit et de la nourriture, pas des produits. »

Quels aliments privilégier ? La réponse du nutritionniste est simple : « Il faut manger ce qui sort de la terre, de l’arbre, ce qui a marché – comme une vache, un poulet ou un cochon – ou ce qui a nagé. Ce sont des aliments que l’humanité a toujours consommés. » Il critique notre dépendance croissante aux produits industriels : « Aujourd’hui, nous dépendons peut-être davantage d’autres aliments, mais les humains n’ont jamais eu besoin d’ouvrir un emballage pour survivre. »

Concernant les plaisirs coupables, comme les barbecues, Aristegui apporte une précision : « Si vous mangez du bœuf, cela satisfera votre faim, mais pas une saucisse de qualité médiocre. De plus, un rôti consommé à midi évitera les fringales du soir, car la viande, riche en protéines, procure une sensation de satiété durable. »

Le nutritionniste établit un lien direct entre la qualité de l’alimentation et les problèmes de santé publique, tels que l’obésité, le surpoids et l’hypertension. « Tout dépend de la qualité de la nourriture, et ces problèmes ont commencé lorsque nous avons commencé à manger des produits plutôt que des aliments. » Il rappelle l’importance de l’activité physique et du repos pour un fonctionnement optimal du corps : « L’activité est essentielle car les muscles sont en mouvement constant, et le repos est l’endroit où nous réparons ce qui arrive à notre corps. »

Quant à la question de savoir si l’on peut s’autoriser des petites indulgences, Aristegui répond : « Tant qu’on peut le contrôler, tout va bien, et il faut apprendre à contrôler. La prohibition a été travaillée pendant de nombreuses années et elle a généré davantage de désir. Il faut donc choisir quand le manger et la relation avec ces produits n’est pas mauvaise car je ne me sens pas coupable. » Il propose une alternative saine aux hamburgers industriels : « Vous pouvez préparer un hamburger maison, qui sera bien différent des versions industrielles, gorgées de graisses et de sel. Attention toutefois à ne pas y ajouter des frites ou du cheddar, ce qui annulerait les bénéfices. »

En ce qui concerne les produits laitiers, Aristegui adopte une approche individualisée : « Les produits laitiers dépendent de l’intestin de chacun. Les produits fermentés, riches en probiotiques, peuvent être une bonne option. Il existe de plus en plus de types de lait, et je m’en remets au patient et à sa digestion. Évitez les yaourts bourrés d’édulcorants et d’ingrédients superflus : ils ne devraient contenir que quatre ingrédients maximum, comme le fromage. »

Enfin, le nutritionniste tire une ligne rouge sur les saucisses : « Les saucisses sont vraiment mauvaises pour la santé, car elles contiennent des produits qui ne contribuent pas à notre bien-être. »

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