Home Divertissement“Il n’est pas nécessaire qu’il soit grand pour être bon”

“Il n’est pas nécessaire qu’il soit grand pour être bon”

by Antoine Girard

Publié le 4 janvier 2024 à 21h30. À l’approche du lancement de sa 17e saison, l’architecte et présentateur Dermot Bannon confie son anxiété persistante face à la réception du public, tout en soulignant l’importance de répondre aux défis du logement en Irlande.

  • Dermot Bannon avoue ressentir toujours une forte nervosité à chaque diffusion de Possibilité d’amélioration.
  • L’émission aborde cette saison le thème du « redimensionnement » du logement pour les couples dont les enfants ont quitté le foyer.
  • Bannon s’inquiète de l’accessibilité au logement en Irlande et plaide pour des solutions innovantes et durables.

Malgré ses nombreuses années d’expérience et le succès de l’émission Possibilité d’amélioration (Room to Improve en version originale), Dermot Bannon ne parvient pas à se défaire de l’appréhension qui l’accompagne à chaque lancement de saison. « Je suis toujours très nerveux quand ça sort à l’antenne et je vois quelle est la réaction des gens », a-t-il déclaré à RTÉ Lifestyle. Il explique que le sentiment de relâchement ne vient qu’une fois la diffusion de tous les épisodes terminée et que l’appréhension demeure constante.

Cette nervosité, selon l’architecte dublinois, est le signe d’un engagement profond envers son travail. « C’est parce que je m’en soucie. Je me soucie de ce que je fais. Je me soucie de chaque projet. Je travaille sur chacun d’eux depuis un an. Il est diffusé en une heure », a-t-il précisé. Il souhaite avant tout que les propriétaires soient satisfaits du résultat, car ils ne peuvent pas le découvrir avant la diffusion.

Bannon reconnaît qu’il a tendance à trop réfléchir et à anticiper les réactions, mais il ne peut s’empêcher de le faire. Il estime que cette anxiété est même bénéfique : « Ces nerfs sont bons, je pense. Et je pense que le jour où vous n’aurez plus de nerfs sera le jour où vous cesserez de vous en soucier. »

Pour lui, le public est aussi important que ses clients. Tout comme il considère les clients de son bureau comme ses employeurs, il se sent redevable envers les téléspectateurs qui suivent ses conseils et ses projets. Au fil des années, Possibilité d’amélioration a évolué pour rester en phase avec les attentes du public tout en proposant des sources d’inspiration.

L’émission s’efforce de refléter la réalité du pays et de proposer des projets auxquels les gens peuvent s’identifier. « Vous essayez toujours d’être pertinent par rapport à l’état du pays et de réaliser des projets auxquels les gens peuvent s’identifier. Et cela changera à mesure que les économies montent et descendent », a-t-il expliqué. Il souligne l’importance de prendre en compte la crise du logement en Irlande et les difficultés d’accès à la propriété.

Cette saison, un épisode est consacré à un couple de personnes âgées qui souhaitent adapter leur maison après le départ de leurs enfants adultes. Bannon a souligné que ce couple avait une vision claire de ses besoins, mais qu’il avait tout de même pu leur apporter des conseils précieux. « Ils l’ont déjà fait, mais cela ne veut pas dire qu’ils le feront bien cette fois », a-t-il plaisanté. Les solutions proposées permettent de créer un espace convivial pour les réunions de famille et d’amis grâce à des astuces de conception ingénieuses.

Bannon a également évoqué l’évolution des budgets au fil des années. « La méthodologie n’a pas changé, mais ce qui a changé, ce sont les budgets financiers », a-t-il affirmé. Autrefois, il encourageait les clients à investir davantage pour obtenir le résultat souhaité, mais aujourd’hui, la situation économique ne le permet plus toujours. « Il n’est pas nécessaire que ce soit grand pour être bon », a-t-il conclu.

La crise du coût de la vie et la volatilité du marché immobilier rendent d’autant plus cruciale la proposition de modèles réalistes et durables en matière de logement. Bannon s’est exprimé à plusieurs reprises sur la nécessité de réformer le système de logement en Irlande, qu’il juge « brisé ». Il s’inquiète de la capacité de ses enfants à s’offrir un logement décent.

« J’ai des enfants, mon aîné aura 21 ans dans quelques semaines. Et j’y suis [pensant] de quel travail a-t-elle besoin pour pouvoir s’offrir une maison très, très basique ? Et votre vie entière consiste-t-elle alors à trouver un emploi très bien rémunéré pour rembourser une hypothèque ou un loyer ? »

Dermot Bannon, architecte et présentateur

Il s’interroge sur l’impact de ces contraintes sur la créativité et l’épanouissement personnel. Il souligne l’importance de garantir un accès au logement pour tous, en particulier pour les professions essentielles telles que les enseignants et les soignants.

S’inspirant de modèles étrangers, notamment à Copenhague et Malaga, Bannon imagine une ville où l’on peut accéder à tous les services essentiels à pied, dans un rayon de 15 minutes. Il déplore le manque de planification à long terme en Irlande et l’absence de vision pour l’avenir des villes.

« Il n’y a aucune raison pour que Dublin ou n’importe quelle autre ville d’Irlande ne soit pas comme ça. Mais il faut que les gens le veuillent. Et parfois, je pense qu’il faut que nous le voulions aussi. Aimons-nous vraiment assez nos villes ? Ou [voudrions-nous] la plupart d’entre nous, si nous en avions la moindre chance, s’éloignerions le plus possible des villes et travaillerions à domicile. »

Possibilité d’amélioration commence le dimanche 4 janvier à 21h30 sur RTÉ One et RTÉ Player.

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