Publié le 4 novembre 2025 à 01:59:00. L’industrie cinématographique coréenne traverse une période de crise, marquée par un ralentissement de la production nationale et une domination croissante des films étrangers en fin d’année. Les salles de cinéma risquent de voir leur fréquentation chuter à des niveaux historiquement bas si la situation ne s’améliore pas.
- La plupart des grandes sociétés de distribution coréennes ont avancé la fin de leur programmation annuelle, laissant le champ libre aux productions étrangères.
- Seule Showbox maintient une programmation avec la sortie de deux films avant le Nouvel An lunaire.
- Les inquiétudes grandissent quant à une pénurie de films coréens en 2026, avec moins de dix titres prévus, hors productions indépendantes.
Alors que l’on approche de la fin de l’année 2025, le constat est alarmant : le cinéma coréen semble avoir renoncé à la saison automnale, traditionnellement une période faste pour les sorties. Les principales sociétés d’investissement et de distribution ont anticipé la fin de leur calendrier de sorties, ouvrant la voie à une compétition accrue entre les films étrangers. Cette situation suscite des craintes quant à une aggravation de la crise que traverse le septième art coréen.
Selon les informations disponibles au 3 décembre, seuls quelques films coréens sont encore prévus pour sortir avant la fin de l’année. Le mélodrame « If We », avec Koo Kyo-hwan et Moon Ga-young, est le seul titre dont la sortie est confirmée pour la fin décembre, distribué par Showbox. CJ ENM a achevé sa programmation annuelle avec trois films, dont deux productions coréennes (« The Devil Has Moved In » et « There’s No Help ») et un film hollywoodien (« Bugonia »), auquel la société a participé à la production. NEW, qui avait sorti plusieurs films à succès au premier semestre, reste silencieux pour le reste de l’année. Lotte Entertainment se concentre également sur la distribution de films étrangers, avec « Now You See Me 3 » et « The Running Man » prévus pour ce mois-ci et décembre respectivement.
PlusM Entertainment a quant à elle reporté la sortie de « Projet Y », avec Han So-hee et Jeon Jong-seo, au début de l’année prochaine. Seule Showbox semble résister à cette tendance, avec « The Man Who Lives with the King », avec Yoo Hae-jin et Park Ji-hoon, prévu pour les vacances du Nouvel An lunaire en février 2026.
Cette situation inquiétante intervient alors que l’industrie cinématographique coréenne peine à retrouver son niveau d’avant la pandémie de COVID-19. En 2012, le pays avait franchi le cap des 100 millions de spectateurs annuels, mais cette performance semble désormais lointaine. En octobre 2025, le nombre cumulé de spectateurs était de 85 027 895, ce qui laisse craindre une fréquentation annuelle inférieure à 100 millions, un niveau jamais atteint depuis 2020 et 2021.
Face à cette crise, les films étrangers semblent prendre le relais. Disney, Universal et d’autres studios majeurs préparent une série de sorties spectaculaires pour la fin de l’année. « Avatar : Fire and Ashes », le troisième volet de la saga « Avatar » de James Cameron, est particulièrement attendu en décembre. « Wicked: For Good » d’Universal Studios et « Zootopia 2 » de Disney sortiront également en décembre et en fin de mois, respectivement. « Wicked », sorti fin 2024, avait déjà attiré 2,25 millions de spectateurs, tandis que « Zootopia » (2016) avait dépassé les 4,7 millions d’entrées.
Les experts prévoient que cette tendance se poursuivra en 2026, avec une prévision de moins de dix films coréens à l’affiche, hors productions indépendantes. Park Hye-eun, rédactrice en chef de The Screen, souligne que
« Contrairement à la Corée, le nombre de films étrangers produits n’a pas beaucoup diminué. En conséquence, l’année prochaine, les films coréens disparaîtront littéralement et les films étrangers représenteront la majeure partie de la production. »
Park Hye-eun, rédactrice en chef de The Screen
Plusieurs facteurs expliquent cette situation, notamment les difficultés rencontrées par les investisseurs à récupérer leurs pertes subies pendant la pandémie. Certains réalisateurs coréens se tournent également vers des coproductions internationales, comme Kim Ji-woon qui travaille sur « The Hole ».
Afin de soutenir l’industrie cinématographique coréenne, le gouvernement a annoncé un plan budgétaire de 149,8 milliards de wons (environ 112 millions d’euros), soit une augmentation de 66,9 milliards de wons par rapport à l’année précédente.