Publié le 7 novembre 2024 10:24:00. L’opérateur norvégien de transports publics Ruter a annoncé le renforcement de ses mesures de sécurité après avoir découvert que des constructeurs, notamment chinois, pouvaient potentiellement accéder aux systèmes de contrôle de ses bus électriques. Cette révélation intervient alors que les préoccupations concernant la cybersécurité des véhicules connectés s’intensifient.
- Ruter a identifié une vulnérabilité permettant un accès potentiel aux systèmes de contrôle des bus électriques.
- Des tests ont concerné des bus neufs de la marque Yutong (Chine) et des bus plus anciens de la marque VDL (Pays-Bas).
- Le constructeur chinois Yutong affirme respecter les lois locales et stocker les données en Allemagne.
L’opérateur norvégien Ruter, principal gestionnaire de transports publics du pays, prend des mesures préventives face à une faille de sécurité potentielle détectée sur ses bus électriques. Des tests récents ont révélé que certains constructeurs, en particulier le chinois Yutong, disposaient d’un accès aux systèmes de contrôle des véhicules, notamment pour les mises à jour logicielles et les diagnostics.
Selon des informations rapportées par l’agence Associated Press (AP), les responsables de Ruter ont exprimé leur inquiétude quant à la possibilité d’une intervention à distance sur les bus.
« Ce logiciel peut être utilisé pour intervenir dans le bus. »
Responsable de Ruter
Les tests ont été menés sur deux types de véhicules : des bus Yutong neufs, utilisés dans des mines souterraines, et des bus VDL, de fabrication néerlandaise, âgés de trois ans.
Si les bus VDL ne bénéficiaient pas de la fonction de mise à jour logicielle sans fil, cette dernière était active sur les bus chinois Yutong. Cette particularité a soulevé des questions sur la sécurité des données et le potentiel d’accès non autorisé.
Yutong se défend et pointe l’Allemagne
Contacté par le quotidien britannique The Guardian, le constructeur chinois Yutong a déclaré respecter scrupuleusement les réglementations en vigueur dans les pays où il opère. L’entreprise affirme que les données collectées sont stockées en Allemagne, cryptées et utilisées uniquement à des fins de maintenance, d’optimisation et de service après-vente. Yutong a vendu des dizaines de milliers de véhicules en Europe, en Afrique, en Amérique latine et dans la région Asie-Pacifique au cours des dernières années.
Cette affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue concernant la cybersécurité automobile. Aux États-Unis, une enquête a été ouverte en janvier suite à des allégations d’accidents liés aux technologies de télécommande de Tesla. Il est important de noter que les bus Yutong sont des véhicules conduits par un chauffeur et ne sont pas conçus pour fonctionner de manière autonome.
Le Danemark prend également ses précautions
Au Danemark, l’entreprise Movia examine également les risques liés à la cybersécurité et à la protection des données. Bien qu’aucun incident d’arrêt à distance n’ait été signalé sur les bus Yutong ou d’autres marques, Movia a pris des mesures pour éliminer les vulnérabilités potentielles. L’entreprise danoise n’a pour l’instant pas communiqué de détails sur les mesures spécifiques mises en place.
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