Home SantéIls découvrent une microglie protectrice au potentiel thérapeutique

Ils découvrent une microglie protectrice au potentiel thérapeutique

by Sophie Martin

Publié le 25 novembre 2023. Des chercheurs américains ont identifié un mécanisme impliquant une cellule immunitaire du cerveau, la microglie, qui pourrait offrir une nouvelle voie thérapeutique contre la maladie d’Alzheimer en protégeant les fonctions cognitives.

  • Une diminution de la protéine PU.1 favorise l’activité protectrice d’un sous-ensemble de microglies.
  • Ces microglies neuroprotectrices suppriment l’inflammation cérébrale et préservent la survie des neurones.
  • La découverte ouvre la voie à de nouvelles immunothérapies ciblant la microglie.

Une équipe du Loeb Center for Alzheimer’s Disease de l’Icahn School of Medicine de l’hôpital Mount Sinai (États-Unis) a mis en évidence un rôle insoupçonné de la microglie dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. En utilisant des modèles murins de la maladie, des cellules humaines et du tissu cérébral humain, les chercheurs ont démontré qu’une diminution de la protéine PU.1 stimule l’expression de récepteurs immunorégulateurs lymphoïdes dans la microglie, renforçant ainsi ses propriétés protectrices.

La microglie, traditionnellement associée à des effets destructeurs dans le cadre de la maladie d’Alzheimer, se révèle donc capable de protéger le cerveau. Selon Anne Schaefer, auteur principal de l’étude et chef de projet à l’École de médecine Icahn de l’hôpital Mount Sinai :

« Les microglies agissent non seulement de manière destructrice dans la maladie d’Alzheimer, mais peuvent également protéger le cerveau. »

Anne Schaefer, chef de projet à l’École de médecine Icahn de l’hôpital Mount Sinai

Cette découverte s’inscrit dans la continuité des travaux de l’équipe, qui ont déjà mis en évidence la plasticité remarquable des états de la microglie et son rôle crucial dans diverses fonctions cérébrales.

L’étude s’appuie sur des travaux génétiques antérieurs menés par Alison Goate, directrice du Centre Loeb pour la maladie d’Alzheimer et co-auteure principale de l’étude. Ces travaux avaient identifié une variante courante du gène SPI1 – qui code pour la protéine PU.1 – associée à un risque plus faible de développer la maladie d’Alzheimer. Les résultats actuels apportent une explication mécaniste à cette observation : des niveaux plus faibles de PU.1 semblent effectivement liés à une protection accrue contre la maladie. Selon Alison Goate :

« Ces résultats fournissent une explication mécaniste de la raison pour laquelle des niveaux plus faibles de PU.1 sont liés à un risque plus faible de maladie d’Alzheimer. »

Alison Goate, directrice du Centre Loeb pour la maladie d’Alzheimer

La découverte de cet axe PU.1-CD28 identifie une cible moléculaire prometteuse pour comprendre les états protecteurs de la microglie et ouvre la voie au développement d’immunothérapies ciblant cette cellule afin de modifier le cours de la maladie d’Alzheimer. Cette recherche souligne également, selon les auteurs, l’importance vitale de la collaboration internationale pour faire progresser la science.

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