Édition française
En continu
---Advertisement---

Technologie et science

Ils détectent un malware Android qui déguise VPN et IPTV pour voler des données

Publié le 3 octobre 2025 à 14h25. Un nouveau malware sophistiqué, baptisé Clopatra, cible les appareils Android en Europe, volant des données bancaires et permettant aux attaquants de prendre le contrôle total des téléphones, même éteints. Cette menace…

Ils détectent un malware Android qui déguise VPN et IPTV pour voler des données

Publié le 3 octobre 2025 à 14h25. Un nouveau malware sophistiqué, baptisé Clopatra, cible les appareils Android en Europe, volant des données bancaires et permettant aux attaquants de prendre le contrôle total des téléphones, même éteints. Cette menace mobile, en constante évolution, est considérée comme l’une des plus avancées de l’année.

  • Plus de 3 000 appareils ont déjà été infectés en Europe.
  • Le malware se propage via des applications frauduleuses, notamment des services IPTV et VPN, téléchargées en dehors du Google Play Store.
  • Clopatra utilise des techniques d’auto-protection avancées, rendant sa détection et son élimination particulièrement difficiles.

Des chercheurs en cybersécurité ont identifié un nouveau cheval de Troie particulièrement virulent pour les appareils fonctionnant sous Android. Nommé Clopatra, ce malware est considéré comme l’une des menaces mobiles les plus sophistiquées de 2025. Il ne se contente pas de dérober des fonds sur les applications bancaires et les portefeuilles de cryptomonnaies, mais offre également aux cybercriminels un contrôle complet sur les appareils compromis, et ce, même lorsque l’écran est éteint.

Détecté pour la première fois en mars dernier, le virus a subi plus de 40 modifications depuis, témoignant d’un développement et d’une amélioration constants. L’analyse des logiciels malveillants suggère l’implication d’un groupe de cybercriminels turcs, qui l’aurait conçu de toutes pièces avec une approche spécifiquement axée sur les attaques financières.

À ce jour, plus de 3 000 appareils ont été infectés à travers l’Europe, suscitant l’inquiétude des spécialistes qui mettent en garde contre une expansion rapide. Clopatra est diffusé en dehors du Google Play Store officiel, via des pages web malveillantes proposant de fausses applications, principalement des services de IPTV et de VPN.

L’infection débute lorsque les utilisateurs téléchargent une application piégée, nommée Modepro iptv + vpn, qui sert d’installateur (« dropper ») pour déployer le cheval de Troie. Une fois exécuté, le logiciel demande l’accès aux permissions d’accessibilité, une fonctionnalité initialement conçue pour assister les personnes handicapées, mais détournée par les attaquants pour prendre le contrôle du téléphone à distance.

Grâce à ces permissions, les cybercriminels peuvent simuler des pressions sur l’écran, lire le contenu affiché, intercepter les mots de passe et exécuter des applications sans que la victime ne s’en aperçoive. Cet accès total ouvre la voie au vol d’informations bancaires, à des transferts d’argent non autorisés et même au détournement de cryptomonnaies stockées sur des portefeuilles mobiles.

Mais le Clopatra ne se limite pas au vol financier. Il permet également d’espionner les activités des utilisateurs, de collecter des données personnelles et d’utiliser l’appareil infecté comme outil pour de futures campagnes de cybercriminalité.

Le malware peut opérer en arrière-plan, même lorsque l’écran de l’appareil est éteint, ce qui renforce sa discrétion et son efficacité. De plus, il intègre une liste de détection des antivirus Android, qu’il tente de désactiver pour éviter d’être repéré.

Les chercheurs en cybersécurité expliquent que Clopatra a été conçu avec de multiples mécanismes d’auto-protection. Il comprend des contrôles d’intégrité, une détection des émulateurs et des processus anti-débogage qui entravent le travail des analystes de sécurité. Il utilise même des licences logicielles légitimes et des techniques d’obscurcissement pour bloquer les tentatives d’ingénierie inverse.

L’une des caractéristiques les plus préoccupantes est l’utilisation de bibliothèques natives au lieu de se baser uniquement sur Java ou Kotlin, ce qui complique encore l’identification du code malveillant. Récemment, les développeurs du cheval de Troie ont intégré le chiffrement de chaînes de caractères pour masquer davantage leurs fonctions internes.

Ces mesures font de Clopatra une menace particulièrement difficile à traquer et à neutraliser. Selon les experts, il est clair que les groupes cybercriminels adoptent des stratégies de plus en plus professionnelles et sophistiquées, similaires à celles utilisées lors d’attaques ciblant les entreprises.

Étant donné que Clopatra se propage via des sites de téléchargement non officiels, les spécialistes recommandent d’installer les applications uniquement à partir du Google Play Store ou de plateformes vérifiées, et de se méfier des liens promettant des services IPTV ou VPN gratuits.

Ils conseillent également de maintenir le système d’exploitation à jour, d’examiner attentivement les permissions demandées par chaque application et de recourir à des solutions de sécurité capables de détecter les comportements anormaux.

Bien que pour l’instant, la majorité des infections soient concentrées en Europe, le risque de propagation mondiale est élevé. Avec un développement aussi actif, Clopatra est en passe de devenir l’une des menaces mobiles les plus importantes de l’année, et un rappel que les cyberattaques ciblant les appareils mobiles sont aussi graves que celles affectant les ordinateurs de bureau.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.