L’ancienne procureure Ana Catalina Noguera Toro est sortie de prison ce jeudi, après que la Cour supérieure de Bogotá ait confirmé qu’elle avait purgé sa peine pour fraude procédurale et violation illégale des communications. Son affaire, révélée en 2020, avait mis en lumière un vaste réseau de corruption impliquant des trafiquants de drogue, des policiers et des agents judiciaires.
La Cour a précisé que la peine de Noguera avait été réajustée à 38 mois d’emprisonnement, assortie d’une amende et d’une interdiction d’exercer des fonctions publiques. En tenant compte de sa détention préventive et des réductions de peine obtenues grâce à ses études et à son travail, les juges ont estimé qu’elle avait entièrement réglé sa dette envers la justice.
L’affaire avait éclaté suite à des interceptions téléphoniques illégales menées en 2020, avec la participation de membres du Dijín (Direction d’Investigation Judiciaire) et la manipulation de procureurs par le biais de faux rapports afin d’obtenir des mandats d’écoute. Noguera avait admis avoir fait partie d’un réseau offrant des faveurs judiciaires à des trafiquants de drogue en échange de pots-de-vin, dans le but d’éviter leur extradition vers les États-Unis.
L’enquête avait révélé que Noguera avait également ordonné des interceptions illégales à des fins personnelles. En mars 2020, elle avait notamment ordonné l’écoute du téléphone portable de Carolina Vélez, la compagne d’un banquier avec lequel Noguera entretenait une relation. L’objectif était de vérifier si l’homme avait une liaison.
D’autres figures clés de ce réseau illégal avaient été identifiées, notamment l’ancien colonel du Dijín Ricardo Alberto Durán, les policiers John Fredy Redondo Bautista et Anderson Jesús Salba Contreras, ainsi que l’ancien paramilitaire et trafiquant de drogue Ramón Esteban Peña, surnommé « El Médico ».
L’affaire Noguera avait constitué un véritable coup dur pour le système judiciaire colombien, la procureure étant considérée comme une figure importante dans la lutte contre la criminalité et ayant occupé des postes clés au sein du Bureau du Procureur général, notamment en tant que directrice de la confiscation des avoirs et déléguée aux finances criminelles.