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Industrie : Cinq entreprises ont fermé leurs portes et ont licencié plus de 400 salariés ces dernières semaines

Publié le 30 novembre 2025 à 16h20. Cinq entreprises industrielles argentines ont fermé leurs portes fin novembre, entraînant la perte de plus de 400 emplois, un signe alarmant de la fragilité du secteur manufacturier face à la baisse…

Industrie : Cinq entreprises ont fermé leurs portes et ont licencié plus de 400 salariés ces dernières semaines

Publié le 30 novembre 2025 à 16h20. Cinq entreprises industrielles argentines ont fermé leurs portes fin novembre, entraînant la perte de plus de 400 emplois, un signe alarmant de la fragilité du secteur manufacturier face à la baisse de la consommation et à la concurrence accrue des importations.

  • La fermeture de l’usine Whirlpool à Pilar a entraîné le licenciement de 220 employés.
  • L’entreprise de poterie Essen a licencié 34 personnes, invoquant la baisse de la demande et l’augmentation des importations.
  • Deux entreprises textiles de La Rioja ont cessé leurs activités, laissant 120 travailleurs sans emploi.

Une vague de fermetures d’usines frappe l’industrie argentine, avec plus de 400 suppressions d’emplois enregistrées au cours des deux dernières semaines de novembre. Les provinces de Buenos Aires, de La Rioja et de San Luis sont particulièrement touchées. Les secteurs de la métallurgie, de l’électroménager, du textile et de l’automobile sont concernés, suscitant des inquiétudes quant à l’avenir de l’emploi industriel dans le pays.

L’entreprise d’électroménager Whirlpool a annoncé la fermeture inattendue de son usine de Pilar, laissant 220 employés sur le carreau. La direction invoque des difficultés à rivaliser sur les marchés internationaux et une forte augmentation de l’offre de produits importés. Des négociations sont en cours avec le syndicat Unión Obrera Metalúrgica pour définir un plan de départ, incluant une indemnité légale et une somme supplémentaire.

Selon des sources internes, la décision de Whirlpool s’inscrit dans une volonté de transition vers un modèle plus commercial que manufacturier. « Il s’agissait de rendre l’opération plus agile et compétitive, mais cela n’a finalement pas pu être réalisé dans un contexte de forte baisse de la consommation et d’augmentation significative des importations », ont-elles expliqué.

L’entreprise de poterie Essen, située à Pilar, a également été contrainte de licencier 34 employés en raison de la baisse de la demande et de l’afflux de produits importés. Les licenciements ont touché différents secteurs de l’usine, notamment la fonderie, l’usinage et la finition.

Dans la province de La Rioja, deux entreprises textiles, Luxo et Vulcalaire, ont cessé leurs activités, entraînant le licenciement de 120 travailleurs. L’industrie textile est une source d’emploi importante dans cette région, et cette situation est particulièrement préoccupante. Luxo a licencié 40 employés après plusieurs mois de difficultés, tandis que Vulcalaire a laissé 80 salariés sans emploi, en attente de décisions concernant leur indemnisation.

À San Luis, l’entreprise Dana, spécialisée dans les pièces automobiles, a annoncé la fermeture définitive de son usine de Naschel, entraînant le licenciement de 50 personnes. L’entreprise a assuré que les employés concernés recevront les indemnités prévues par la loi. Le syndicat local craint que cette fermeture n’entraîne également la perte d’au moins 40 emplois indirects.

Les causes de ces fermetures et licenciements sont communes à tous les secteurs : la baisse de la consommation intérieure et la concurrence des importations. Les entreprises estiment que les produits étrangers, combinés à la faible demande locale, rendent la poursuite des activités difficile.

Martín Rappallini, président de l’Union industrielle argentine (UIA), a exprimé sa préoccupation face à la fermeture d’usines et a souligné la nécessité de réduire la pression fiscale sur le secteur industriel pour améliorer sa compétitivité.

« Dans cette transition, nous comprenons et partageons l’orientation vers un ordre macroéconomique et une baisse de l’inflation, mais nous constatons que les entreprises exportatrices, notamment industrielles, portent un fardeau important, avec de nombreuses distorsions qui rendent la concurrence difficile dans un monde très agressif sur le plan commercial. »

Martín Rappallini, président de l’UIA

Concernant l’arrivée de produits via des plateformes mondiales comme Temu et Shein, Rappallini a dénoncé une « concurrence déloyale », soulignant l’absence de taxes sur ces produits et les pratiques commerciales déloyales de la Chine.

Le dirigeant a insisté sur les problèmes structurels auxquels est confrontée l’industrie argentine en matière de fiscalité, de droit du travail et d’infrastructures, ce qui entraîne un coût de production au moins 25 à 30 % plus élevé qu’au Brésil. Il a estimé qu’il était essentiel de tenir compte de cette situation pour permettre au secteur de retrouver sa compétitivité et de participer à la nouvelle phase de stabilité et de croissance.

« Nous devons travailler sur la compétitivité, un aspect que le gouvernement aborde en ce début d’année avec des réformes qui permettront de stimuler l’activité : baisser les impôts et modifier le régime du travail. Si le secteur n’est pas relancé, le gouvernement devra envisager des mesures supplémentaires. La situation est très complexe », a-t-il conclu.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.