Publié le 5 novembre 2025 à 17h19. Une initiative populaire suisse, baptisée « Pour un avenir », suscite la polémique en raison d’un titre jugé trompeur par ses détracteurs, qui y voient une tentative de dissimuler un projet d’imposition substantielle des successions.
- L’initiative « Pour un avenir » du parti social-démocrate (Juso) sera soumise au vote populaire.
- Ses opposants dénoncent un « étiquetage frauduleux », estimant que le titre masque la véritable portée de l’initiative : l’instauration d’un impôt sur les successions dépassant 50 millions de francs suisses.
- La Chancellerie fédérale intervient rarement sur les titres jugés trompeurs des initiatives populaires.
Le débat s’intensifie à l’approche du vote du 30 novembre 2025 sur plusieurs initiatives populaires, dont celle du Juso. Au cœur des critiques, le nom de l’initiative est perçu comme une stratégie de communication visant à masquer son objectif principal : la mise en place d’une taxation sur les très grosses successions.
L’initiative propose concrètement de prélever un impôt de 50 % sur les successions dépassant 50 millions de francs suisses. Cependant, ses détracteurs estiment que le titre « Pour un avenir » est trop vague et ne reflète pas la nature véritable de la proposition. Ils préfèrent parler d’« initiative successorale » ou d’« initiative Juso », voire d’« initiative d’expropriation » selon les associations professionnelles et l’UDC, ou encore d’« initiative d’envie » selon Daniel Jositsch.
Les initiateurs justifient leur choix par la volonté de mettre en avant des aspects qu’ils jugent positifs et porteurs d’espoir. Selon le spécialiste de la campagne Daniel Graf, cité par 20 Minutes il y a quelques années,
« Les titres d’initiative peuvent être comparés à des affiches de vote. Ils sont censés diriger les émotions dans une certaine direction. »
Le recours à des titres potentiellement trompeurs n’est pas nouveau dans les campagnes électorales suisses. En 2018, l’initiative « Pour la souveraineté alimentaire » a été critiquée pour son caractère illusoire, alors que la Suisse est fortement dépendante des importations alimentaires. L’« Initiative 10 millions » de l’UDC, présentée comme une initiative pour le développement durable, visait en réalité à mettre fin à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. L’initiative « Pour un financement équitable des transports » (2016) avait initialement été lancée sous le nom d’« Initiative vache laitière », un titre jugé trompeur par la Chancellerie fédérale et modifié par les initiateurs eux-mêmes.
Bien que la réglementation stipule que les titres d’initiative ne doivent pas être « trompeurs » ni contenir de « publicité commerciale ou personnelle », la Chancellerie fédérale intervient rarement pour les modifier. Le cas le plus connu remonte à 1999, lorsque les initiateurs de l’initiative « La Parole libre », qui prévoyait l’interdiction de la discrimination raciale, ont dû revoir leur titre car jugé trop obscur par la Chancellerie fédérale.
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Reto Bollmann (bre), né en 1991, soutient la rédaction de 20 Minuten en tant que rédacteur depuis fin 2021. Il a une préférence pour les sujets scientifiques et historiques.
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