Publié le 5 novembre 2025. Des chercheurs de l’Université de Yale ont découvert que l’inflammation cérébrale peut se propager à des zones non directement touchées, révélant un mécanisme de communication complexe au sein du cerveau et ouvrant de nouvelles pistes pour la compréhension de maladies neurodégénératives comme la sclérose en plaques (SEP).
- L’inflammation cérébrale peut se propager à des régions éloignées des lésions initiales.
- Des programmes génétiques activés pendant le développement cérébral peuvent être réactivés lors d’une inflammation.
- Cette découverte pourrait éclairer les mécanismes de démyélinisation observés dans la SEP.
Une équipe de chercheurs de l’Université de Yale, dirigée par Rong Fan et Gonçalo Castelo-Branco, a mis en évidence un processus surprenant : l’inflammation dans le cerveau n’est pas confinée aux zones initialement affectées, mais peut se diffuser à d’autres régions, même en l’absence de dommages directs.
« Il était surprenant de constater que l’inflammation peut se propager à d’autres parties du cerveau, même sans dommage direct. Cela suggère que le cerveau dispose d’un moyen complexe de communication entre les différentes zones touchées par la maladie. »
Rong Fan, professeur à l’Université de Yale
L’étude révèle également que des programmes génétiques, normalement actifs uniquement pendant le développement du cerveau, peuvent être réactivés en cas d’inflammation. Cette réactivation pourrait jouer un rôle clé dans la compréhension de la démyélinisation, le processus de destruction de la gaine protectrice des fibres nerveuses, caractéristique de maladies comme la SEP.
« C’est intéressant car cela peut nous donner des indices sur comment et pourquoi la myéline se décompose dans des maladies telles que la SEP. Nous avons constaté que l’inflammation dans le cerveau peut se propager et affecter des zones éloignées des lésions initiales, ce qui peut fournir des informations sur la manière dont la SEP se développe et nous fournir de nouveaux outils pour traiter la maladie. »
Gonçalo Castelo-Branco
Di Zhang, postdoctorant à l’Université de Yale, et Leslie Kirby du Karolinska Institutet sont les premiers co-auteurs de cette publication parue dans la revue Nature. Les travaux ont bénéficié du soutien financier de plusieurs organismes, notamment le Conseil suédois de la recherche, la Brain Foundation, la fondation Knut et Alice Wallenberg, le programme Horizon Europe de l’UE et les National Institutes of Health des États-Unis. Il est à noter que Gonçalo Castelo-Branco est copropriétaire de la société Nexus Epigenomics et que Rong Fan est fondateur et conseiller d’IsoPlexis, Singleron Biotechnologies et AtlasXomics.
Publication : “Dynamique spatiale du développement cérébral et neuroinflammation” par Di Zhang, Leslie A Rubio Rodríguez-Kirby, Yingxin Lin, Wenqi Wang, Mengyi Song, Li Wang, Lijun Wang, Shigeaki Kanatani, Tony Jimenez-Beristain, Yonglong Dang, Mei Zhong, Petra Kukanja, Shuozhen Bao, Shaohui Wang, Xinyi Lisa Chen, Fu Gao, Dejiang Wang, Hang Xu, Cong Ma, Xing Lou, Yang Liu, Jinmiao Chen, Nenad Sestan, Per Uhlén, Arnold Kriegstein, Hongyu Zhao, Gonçalo Castelo-Branco et Rong Fan, Nature, publié en ligne le 5 novembre 2025, doi : 10.1038/s41586-025-09663-y.
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