Publié le 4 janvier 2024 à 09h20. L’Iran fait face à une nouvelle vague de contestations sociales, marquée par des restrictions d’accès à Internet et des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Ces troubles, alimentés par une crise économique persistante, interviennent alors que le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, appelle à une répression ferme.
- L’accès à Internet est fortement limité à travers le pays, avec une baisse du trafic web signalée par la société Cloudflare.
- Des témoins oculaires font état de violents affrontements et de victimes dans la province d’Ilam, notamment dans la ville de Malekshahi.
- L’ayatollah Khamenei a rejeté tout dialogue avec les manifestants et a appelé à des mesures sévères contre eux.
Les autorités iraniennes ont de nouveau eu recours à la restriction de l’accès à Internet pour tenter de contenir les manifestations qui secouent le pays depuis une semaine. Selon les données de Cloudflare, une société spécialisée dans la sécurité et la performance des réseaux, le trafic web a connu une baisse temporaire d’environ un tiers hier, et reste inférieur de près de 15 % aux niveaux normaux ce matin. De nombreux utilisateurs iraniens ont fait part de perturbations significatives sur les réseaux sociaux.
Ce n’est pas la première fois que l’Iran restreint l’accès à Internet en période de troubles sociaux. Des mesures similaires avaient déjà été prises lors des contestations massives de 2009, 2019 et 2022, ainsi qu’en réponse aux attaques militaires israéliennes en juin dernier. Dans certains cas, l’accès à Internet a été totalement coupé, seuls quelques sites web iraniens restant accessibles.
Selon des observateurs, la stratégie de restriction d’Internet vise un double objectif : entraver l’organisation des protestations et empêcher la diffusion d’informations, de photographies et de vidéos documentant les événements. Les manifestations actuelles sont principalement motivées par une crise économique aiguë et une inflation galopante.
Des témoins oculaires rapportent des affrontements violents entre manifestants et forces de sécurité dans l’ouest du pays. Dans la province d’Ilam, plus précisément dans la petite ville de Malekshahi, plusieurs décès et blessés auraient été recensés. Parallèlement, des arrestations ont été signalées.
Les autorités iraniennes ne communiquent pas de chiffres précis concernant les arrestations et les décès, rendant difficile la vérification indépendante des informations diffusées sur les réseaux sociaux et des témoignages recueillis. La police, quant à elle, évoque un « soulèvement armé » nécessitant une réponse énergique.
Des témoins oculaires signalent également une nouvelle vague d’arrestations dans la capitale, Téhéran. Des manifestations et des affrontements avec les forces de l’ordre auraient éclaté dans le centre-ville et aux abords de l’université de Téhéran, entraînant de nouvelles interpellations.
Le discours prononcé par l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, pourrait avoir incité les forces de sécurité à adopter une ligne plus dure à l’égard des manifestants, notamment à Ilam. Dans sa première déclaration concernant les troubles, Khamenei a rejeté toute possibilité de dialogue avec les « agitateurs » et a appelé à des mesures strictes à leur encontre. Il a dénoncé les manifestations comme une conspiration orchestrée par des ennemis intérieurs et extérieurs de l’Iran, qu’il a appelé à « éradiquer systématiquement ».
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