Le ministère de l’Action et des Comptes publics a demandé aux ministères d’engager un dialogue avec leurs prestataires numériques pour baisser leurs factures, invoquant les gains de productivité générés par l’intelligence artificielle générative dans le développement logiciel, selon un courrier diffusé fin août.
Bercy cible les factures des prestataires numériques face à l’essor de l’IA
Face à l’évolution rapide des technologies, le gouvernement français entend faire profiter l’administration des avancées technologiques observées sur le marché. Dans un courrier daté du 31 août, le ministre de l’Action et des Comptes publics a enjoint l’ensemble des départements ministériels à réviser les contrats en cours et à inclure des clauses de révisions périodiques dans les nouveaux marchés conclus avec leurs partenaires informatiques.
Le ministre souligne dans sa communication que l'irruption des outils d'intelligence artificielle (IA) générative dans les pratiques de développement logiciel (…) a permis des gains de productivité substantiels dans le secteur du numérique
.
Si ces gains bénéficient aujourd'hui pleinement aux prestataires de l'État
, il ne serait pas cohérent que l'État, qui porte une politique ambitieuse de diffusion de l'IA dans l'ensemble de ses administrations, ne tire pas lui-même parti des gains que cette diffusion génère chez ses prestataires
, ajoute le ministre David Amiel dans le document consulté par l’AFP.
Une explosion des dépenses publiques en services numériques depuis 2019
Cette injonction budgétaire intervient alors que les investissements de l’État dans le secteur technologique ont connu une forte augmentation au cours des dernières années. Le courrier ministériel rappelle que les dépenses de l’État dans le domaine ont plus que doublé depuis 2019, passant de 339 millions d'euros à plus de 720 millions d'euros pour les seuls ministères, auxquels s'ajoutent plus de 2,6 milliards d'euros au titre des opérateurs
.
Pour couvrir l’ensemble des champs de l’État, plus d'une dizaine de courriers ont été transmis à l'ensemble des ministères
, a précisé le ministère à l’AFP. Je vous invite donc à engager, dès la rentrée, un dialogue avec vos principaux prestataires numériques
, poursuit le ministre dans son message.
Les opérateurs publics sous tutelle directement concernés
Les directives transmises ciblent spécifiquement plusieurs grands opérateurs sous tutelle, listés dans chaque courrier. Les documents nomment par exemple la Banque de France pour Bercy, les Caisses de Sécurité sociale pour les ministères du Travail et de la Santé (ou la Direction de la Sécurité sociale selon les notes), ainsi que le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour les ministères de l’Enseignement supérieur et la Recherche et celui des Armées.

Pour harmoniser la stratégie de négociation, « la direction des achats de l’État (DAE), en lien avec la direction interministérielle du numérique (Dinum) proposera aux ministères un cadre de coordination, afin d’homogénéiser et de renforcer nos positions de négociation face aux prestataires », assure David Amiel.
Un contexte d’adoption accélérée de l’intelligence artificielle dans l’administration
Mi-juin, l’État a généralisé le recours à un assistant conversationnel IA pour environ un million d’agents de la fonction publique.

Cette décision s’inscrit en parallèle de l’annonce faite par le Premier ministre Sébastien Lecornu d’un investissement de 655 millions d’euros supplémentaires dans le développement de l’IA.